Pourquoi si peu de Marocaines travaillent
Au Maroc, seules 17,5 % des femmes participent au marché du travail, contre environ 51 % dans le monde. La Banque mondiale pointe des obstacles très concrets : garde d’enfants, transports, conditions de travail et comportements de certains employeurs.
Le Maroc se situe presque tout en bas du classement mondial pour la participation des femmes au marché du travail. Avec un taux d’activité féminin de seulement 17,5 %, le royaume occupe le 186e rang sur 195 pays, selon les données reprises par la Banque mondiale.
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Dans son Rapport de suivi de la situation économique au Maroc, l’institution identifie plusieurs obstacles qui empêchent davantage de femmes de travailler ou de rechercher activement un emploi.
Elle cite notamment le manque de services de garde d’enfants abordables et de qualité, des transports publics insuffisamment sûrs et accessibles ainsi que des conditions de travail peu favorables à la vie familiale.
À ces difficultés pratiques s’ajoutent des biais comportementaux de certains employeurs, également relevés par la Banque mondiale.
17,5 % ne signifie pas que 82,5 % sont au chômage
Le taux d’activité mesure les femmes qui travaillent ou recherchent activement un emploi. Celles qui ne cherchent plus de travail n’y figurent donc pas.
La nouvelle enquête du HCP a fait passer ce taux de 19 % avec l’ancienne méthodologie à 17,5 %. Mais la Banque mondiale avertit qu’il ne s’agit pas d’une chute soudaine de l’emploi féminin : la nouvelle méthode reclasse notamment les travailleurs découragés et les aides familiaux agricoles non rémunérés hors de la population active. L’ancien chiffre surestimait donc en partie la participation réelle.
Le problème dépasse ainsi la seule création d’emplois. Pour faire progresser durablement l’activité féminine, la Banque mondiale estime qu’il faudra agir à la fois sur l’accès au travail et sur les conditions proposées par les entreprises.
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Crèches accessibles, transports sûrs, organisation du travail compatible avec la vie familiale et emplois suffisamment productifs pour offrir de meilleurs salaires : le faible taux d’activité des Marocaines apparaît moins comme un problème unique que comme l’addition de plusieurs obstacles très concrets.