Au Maroc, l’argent des MRE peut rapporter autant qu’un emploi
Dans les familles marocaines qui reçoivent de l’argent de l’étranger, les transferts rapportés à chaque adulte en âge de travailler atteignent un montant comparable au SMIG. Une aide devenue suffisamment importante pour peser sur les choix professionnels de certains foyers.
Pour certaines familles marocaines, l’argent envoyé par leurs proches installés à l’étranger ne représente plus un simple complément de revenu. Son montant peut désormais être comparable à celui apporté par un emploi payé au salaire minimum.
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En 2024, les transferts reçus par adulte en âge de travailler dans les ménages bénéficiaires étaient du même ordre de grandeur que le SMIG marocain, selon le rapport de la Banque mondiale sur la croissance et l’emploi au Maroc.
Autrement dit, dans certains foyers, l’aide financière des MRE peut représenter l’équivalent du revenu qu’apporterait un emploi au salaire minimum.
Il s’agit d’une estimation moyenne et non d’une somme reçue par chaque famille. Les montants varient fortement selon les ménages, le nombre de personnes qui y vivent et la fréquence des virements.
Plus de 8 % de l’économie marocaine
Cette comparaison avec le SMIG montre surtout la place considérable prise par l’argent des MRE dans les revenus des familles marocaines.
Les transferts reçus de l’étranger représentaient 5,4 % du produit intérieur brut du Maroc en 2019. Leur poids dépassait 8 % du PIB en 2024, selon la Banque mondiale.
Ces sommes servent notamment à payer les dépenses quotidiennes, les soins, les études des enfants ou le logement. Elles permettent aussi aux familles de mieux résister à une perte d’emploi ou à une hausse du coût de la vie.
Mais lorsque les transferts reçus se rapprochent du montant d’un salaire minimum, ils peuvent également modifier le rapport au travail.
Un membre du foyer peut, par exemple, refuser un emploi très mal rémunéré, attendre une meilleure opportunité ou rester plus longtemps en dehors du marché du travail.
La Banque mondiale évoque ainsi un lien possible entre la hausse des transferts des MRE et la baisse du taux d’activité au Maroc. Elle ne présente toutefois pas cet argent comme l’unique explication du phénomène.
Les difficultés à trouver un emploi, la faiblesse de certains salaires, les contraintes familiales et le manque de solutions de garde jouent également un rôle important.
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Pour les familles bénéficiaires, le constat reste néanmoins spectaculaire : l’argent envoyé par un proche installé à l’étranger peut désormais peser autant dans le budget qu’un emploi rémunéré au SMIG.