Stades, LGV, hôtels… Le Maroc construit son rêve mondial, mais à quel prix ?

- 17h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Le Maroc a débloqué des investissements massifs pour la coupe du monde de football 2030 qu’il co-organisera avec l’Espagne et le Portugal. Les retombées socio-économiques seront-elles pérennes et à la hauteur des investissements ?

Travaux d’extension de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Kénitra et Marrakech (430 kilomètres), financiers à hauteur de 53 milliards de dirhams, hors matériel roulant pour compléter la ligne existante entre Tanger et Casablanca inaugurée en 2018 ; construction du stade Hassan-II d’une capacité prévue de 115 000 places, pour un budget estimé à 5 milliards de dirhams ; investissements entre 500 millions et 4 milliards de dirhams prévus pour les aéroports, les autoroutes, les hôpitaux et autres infrastructures publiques, levée en mars 2025 d’un emprunt obligataire de 2 milliards d’euros… Le Maroc s’active pour la co-organisation de la coupe du monde 2030. Ce n’est pas tout.

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Selon Atlas Capital, le Trésor mobilisera 25 milliards de dirhams pour la construction de stades et de centres d’entraînement. Au total, 17 milliards de dirhams proviendront de financements bancaires ou de la dette privée. Côté hôtellerie, près de 200 nouveaux établissements hôteliers devraient être construits d’ici 2030, pour une capacité supplémentaire d’environ 15 000 chambres. La participation marocaine au budget d’organisation devrait se situer entre 5 et 6 milliards de dollars, dont plus de la moitié sera dédiée aux stades et aux infrastructures de transport, fait savoir Sogécapital Gestion.

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Ces projets pourraient transformer aussi bien les grandes villes que les centres urbains secondaires, estime Mohamed Mahboub, président de la Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics (FNBTP), cité par Jeune Afrique. Quid des retombées socio-économiques pour le Maroc ? Le ministre du Budget, Fouzi Lekjaâ, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), et par ailleurs président du comité d’organisation de la Coupe du monde 2030, « évoque un levier d’influence internationale par le soft power. » Le Maroc s’attend à accueillir 26 millions de touristes en 2030, contre 17,4 millions en 2024 pour des recettes touristiques estimées entre 2 et 3 milliards d’euros.

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Selon l’Observatoire du travail gouvernemental (Otrago), l’organisation de la Coupe du monde pourrait générer des retombées économiques globales de 8 à 10 milliards de dollars. Atlas Capital anticipe une hausse du PIB marocain de 1 à 2,5 points et la création de 130 000 à 160 000 emplois. D’autres secteurs comme l’industrie ferroviaire pourraient également bénéficier de cette dynamique. Pour Jeune Afrique, la question de l’héritage des infrastructures reste posée, plusieurs études, dont celle de BSI Economics, ayant conclu que les investissements liés aux Coupes du monde en Afrique du Sud et au Brésil ont généré des pertes ou des infrastructures sous-utilisées. Il est donc recommandé que le Maroc conçoive des stades multifonctionnels, capables d’accueillir des événements culturels ou sportifs au-delà du football.

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