Casablanca, la nouvelle capitale financière du continent
Casablanca Finance City (CFC) s’impose comme le premier centre financier d’Afrique et attire des centaines d’entreprises du monde entier. Et ce n’est que le début !
Un immeuble de 122 mètres signé par l’architecte Thom Mayne, prix Pritzker, abrite Casablanca Finance City (CFC). « Ce bâtiment, le premier du quartier, a été construit sur l’emplacement du premier terminal de Casablanca. C’est ici qu’ont atterri les avions de Mermoz et Saint-Exupéry », confie à Challenges Saïd Ibrahimi, directeur général de la CFC Authority, la société qui gère le site. Sur cette plateforme d’une superficie de 50 hectares, on compte déjà 226 entreprises. « Les investisseurs étrangers voient l’énergie folle qui circule ici. C’est le Maroc 3.0 », s’enthousiasme l’avocat d’affaires Christophe Bachelot, responsable Maroc de l’Américain DLA Piper.
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Au septième étage de cette tour, Deloitte a installé son centre de cybersécurité ouvert en février 2023. Le géant du conseil prévoit de doubler ses 25 millions d’euros d’investissement initial et de recruter 350 personnes d’ici à 2027. « Grâce à la souplesse du statut CFC, je peux embaucher un ingénieur ivoirien en deux jours », se félicite Imade Elbaraka, directeur du centre. Et d’ajouter : « Ici, je peux recruter facilement 2 000 personnes, ce qui serait inenvisageable en Espagne ».
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Le succès de CFC, créée par Saïd Ibrahimi qui fut aussi trésorier général du royaume, repose sur des incitations fiscales et des facilités administratives. « Administrativement, tout est plus facile à CFC. On peut théoriquement embaucher 100 % d’expatriés, ce qui n’est pas le cas ailleurs au Maroc », soutient Ghislane Guedira, directrice générale Maroc d’A.P. Moller. Ces dernières années, des multinationales présentes dans 115 pays, dont 50 en Afrique, se sont implantées ou ont renforcé leurs équipes à CFC.
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Le français Schneider Electric, implanté depuis six décennies dans le royaume, participe au projet Noor, une centrale thermo-solaire de 500 mégawatts. « Nous travaillons aussi à l’électrification de l’autoroute de l’eau », un réseau de canalisations reliant le nord au sud du Maroc, précise Diaretou Madina Gaye Dieng, présidente, au sein de Schneider, du cluster Afrique francophone et îles. Depuis Casablanca, ses équipes préparent deux mégaprojets panafricains : le gazoduc Maroc-Nigeria et l’interconnexion électrique Maroc-Mauritanie. Orange, qui opère dans 18 pays du continent, a choisi d’installer son siège régional à Casablanca. Un choix « très pertinent », selon Elisabeth Medou Badang, directrice des ressources humaines d’Orange Afrique et Moyen-Orient.