Casablanca : une escroquerie immobilière présumée de 8 milliards de dirhams fait scandale
Une vaste affaire immobilière, mêlant projet inachevé, soupçons de malversations et préjudice financier colossal, vient de prendre une nouvelle dimension judiciaire à Casablanca. Le parquet a ordonné l’ouverture d’une enquête approfondie suite aux plaintes de centaines d’acquéreurs floués.
Au cœur du dossier se trouve un important projet immobilier situé dans le quartier d’Aïn Chock, en arrêt depuis des années. Des dizaines de plaignants se succèdent actuellement dans les locaux de la police judiciaire pour témoigner. Beaucoup affirment avoir versé d’importantes avances, parfois depuis 2012, pour des appartements ou des terrains qui n’ont jamais été livrés. Au total, près de 500 personnes seraient concernées, fait savoir Assabah.
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Les victimes dénoncent une possible escroquerie de grande ampleur. Selon leur plainte, la société promotrice aurait encaissé environ 2 milliards de dirhams d’avances, tout en obtenant un prêt bancaire de 6 milliards de dirhams. Ces fonds, totalisant 8 milliards de dirhams, n’auraient jamais été réellement investis dans la construction. Les plaignants qualifient ces faits d’abus de confiance et de détournement de fonds.
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La plainte, déposée auprès du procureur général, vise nommément sept personnes : deux représentants de la société immobilière, l’entrepreneur chargé des travaux, un directeur financier, une avocate responsable des contrats, ainsi que d’autres intermédiaires. Les victimes demandent à la justice de déterminer les responsabilités et d’identifier tous les complices potentiels.
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Cette action collective intervient alors que la banque ayant financé le projet a elle-même engagé des poursuites. Ayant déjà obtenu un jugement favorable au tribunal de commerce condamnant les responsables à lui verser 485 millions de dirhams, elle a également déposé une plainte pénale pour détournement de fonds. La banque a enclenché des procédures de saisie sur les biens immobiliers mis en garantie.
L’enquête, désormais élargie, devra donc retracer le parcours des sommes considérables engagées dans ce projet avorté. Les investigations de la police judiciaire s’étendront non seulement à la société promotrice, mais aussi à l’entreprise de construction, à la juriste et à tous les acteurs suspectés d’avoir profité des fonds détournés.