Maroc : payer en cash coûtera plus cher

6 novembre 2025 - 14h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Le gouvernement prévoit de surtaxer de 2 % les transactions immobilières et cessions de fonds de commerce réalisées sans trace bancaire. La mesure fiscale, inscrite dans le projet de loi de finance 2026, vise à réduire l’usage du cash, renforcer la transparence et promouvoir la bancarisation des paiements.

« Dans le projet de loi de finances 2026, l’État propose d’ajouter deux points supplémentaires au droit d’enregistrement lorsqu’une vente immobilière ou la cession d’un fonds de commerce est réalisée sans trace bancaire. En d’autres termes, payer en liquide pourrait bientôt coûter plus cher », écrit L’Économiste. L’objectif à terme est de réduire la place du cash dans les transactions et renforcer la transparence financière, particulièrement dans les secteurs de l’immobilier et des fonds de commerce. En décidant de surtaxer de 2 % les transactions dans ces secteurs, l’État marocain veut inciter les acteurs à formaliser leurs opérations.

À lire : Maroc : Vers la fin du cash chez les petits commerçants ?

À fin juillet 2025, la masse de liquidités en circulation atteignait 458 milliards de dirhams, selon Bank Al-Maghrib. Un volume qui, au-delà de la consommation, favorise la fraude fiscale et la corruption. Avec la surtaxe de 2 %, l’État oblige les acteurs à payer plus. Les notaires, acteurs clés du dispositif, devront désormais préciser le mode de paiement et joindre un justificatif bancaire à l’acte. En cas de règlement non documenté, le droit d’enregistrement sera majoré. « les mutations à titre onéreux (ventes d’immeubles ou cessions de fonds de commerce) sont aujourd’hui soumises à un droit d’enregistrement de 4 à 6%, selon la nature du bien », explique le quotidien.

À lire : Maroc : attention à la pénurie de cash

Ainsi, « payer en liquide reviendra donc à accepter une pénalité financière », prévient la publication, invitant les vendeurs, les acheteurs, ainsi que les autres acteurs (notaires, intermédiaires, agents immobiliers) à éviter les paiements en liquide. En imposant cette surtaxe, l’État entend encourager la bancarisation de l’économie. Toutefois, ce paiement supplémentaire de 2% n’est pas une amnistie. En d’autres termes, la surtaxe n’efface pas les infractions éventuelles et ne protège pas les contrevenants d’un contrôle fiscal. Les transactions resteront soumises aux procédures de vérification et de redressement prévues par le Code général des impôts.

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Immobilier - Banques - Impôts - Loi de finances (PLF 2026 Maroc)

Aller plus loin

À Tanger, la crainte du fisc vide les agences bancaires

Un vent d’inquiétude souffle sur les agences bancaires de Tanger. Un phénomène inédit s’y déroule : les entrepreneurs et commerçants, qui font habituellement la queue pour...

Maroc : attention à la pénurie de cash

À quelques jours de la célébration de l’Aïd al-Adha, bon nombre de Marocains redoutent une pénurie de liquidités dans les guichets automatiques bancaires (GAB).

Maroc : Vers la fin du cash chez les petits commerçants ?

Le secrétaire d’État Omar Hejira a insisté sur la nécessité d’équiper les petits commerçants, notamment « Moul l’hanout », de terminaux de paiement électronique (TPE).

Maroc : vers la fin du cash ?

Le cash règne toujours en maître au Maroc avec 444 milliards de dirhams en circulation, mais sa croissance s’essouffle pour la première fois depuis dix ans. L’amnistie fiscale...