Immobilier au Maroc : vous payez en cash ? ce sera plus cher !
Le projet de loi de finances 2026 marque un tournant dans la stratégie de l’État marocain pour réduire la circulation des liquidités hors des circuits bancaires. Le gouvernement introduit des mesures fiscales coercitives, dont une surtaxe spécifique sur les transactions immobilières non tracées, afin de forcer la bancarisation de l’économie et de lutter contre l’informel.
L’instrument central de cette réforme est l’application, à partir de 2026, d’une majoration de 2 % sur les droits d’enregistrement pour les cessions de biens immeubles et de fonds de commerce. Cette surtaxe s’ajoutera aux taux actuels, qui varient de 4 à 6 %, si l’acte de transaction ne mentionne pas les références de règlement, pénalisant ainsi l’absence de traçabilité bancaire. Cette offensive fiscale vise à assainir le climat des affaires en réduisant la fraude et le blanchiment, mais elle suscite des inquiétudes chez les professionnels. Les notaires craignent un ralentissement des transactions, déjà complexifiées par de nouvelles exigences administratives imposées depuis juillet 2024 pour l’obtention des attestations fiscales.
Élargissement du contrôle et fin de l’amnistie
Le texte budgétaire déploie d’autres leviers pour renforcer la transparence fiscale. Il prévoit l’extension progressive de la retenue à la source au secteur privé et instaure un droit d’enregistrement de 0,1 % sur les marchés publics pour garantir la communication systématique des informations à l’administration. Pour contrer la fraude à la TVA, un régime d’auto-liquidation est également proposé pour les achats de déchets industriels.
Cette approche marque la fin des opérations de régularisation spontanée. La Direction Générale des Impôts a confirmé que l’amnistie récente, qui avait permis de réintégrer 125 milliards de dirhams dans les circuits bancaires, ne sera pas reconduite. L’État privilégie désormais des mesures permanentes et contraignantes pour transformer les habitudes économiques, quitte à générer une complexité administrative accrue pour les opérateurs.