Immobilier au Maroc : le fisc enquête sur des ventes douteuses

- 20h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Les réseaux d’escroquerie impliquant des propriétaires, des promoteurs immobiliers et des responsables bancaires sont le viseur des services de contrôle relevant de la Direction générale des impôts (DGI). Ceux-ci mènent des enquêtes approfondies, lesquelles ont permis de détecter plusieurs cas d’évasion à l’impôt.

Les opérations de contrôle menées sur des ventes jugées douteuses, dans le cadre de révisions fiscales, font état d’un certain nombre manquements, notamment l’obtention de certificats falsifiés par certains promoteurs et propriétaires. Profitant des lacunes dans le système de surveillance bancaire, ceux-ci ont trompé les établissements bancaires en faisant passer des charges fictives en dépenses réelles, pour profiter d’avantages fiscaux indus. Il ressort des vérifications fiscales que plusieurs propriétaires et promoteurs sont impliqués dans des ventes opérées partiellement « au noir », à travers des contrats piégés, font savoir des sources à Hespress.

À lire : Des entreprises marocaines dans le collimateur du fisc

En raison de ces montages contractuels, les acheteurs se voient contraints de signer des actes parallèles aux contrats officiels, en particulier pour des appartements bénéficiant de subvention publique, selon l’ancien ou le nouveau dispositif. Ces actes annexes intégraient des travaux supplémentaires et des rénovations dont les montants dépassaient parfois les 100 000 dirhams, précisent les mêmes sources, soulignant que l’examen des déclarations fiscales erronées a mis à jour d’importants dysfonctionnements financiers dans les comptes de certaines entreprises immobilières.

À lire : Le fisc marocain fait la chasse aux terrains non bâtis

En découvrant les manipulations de factures et la majoration artificielle des charges, les contrôleurs fiscaux ont ainsi pu détecter plusieurs cas d’évasion à l’impôt sur les sociétés. À titre d’exemple, un promoteur immobilier à Casablanca a vendu des appartements à vocation sociale pour un montant de 380 000 dirhams, sur la base de contrats de rénovation et de finition signés devant notaire. Toujours à Casablanca, un autre promoteur immobilier a commercialisé un projet sur la base de contrats annexes n’ayant jamais été exécutés. Ce faisant, il aurait réussi à éluder plus de 7,6 millions de dirhams en taxes. Il a été également poursuivi par les enquêteurs.

À lire : Maroc : le fisc traque les faux travaux

La DGI a, par la suite, adressé des avis de régularisation aux clients concernés. Ceux-ci doivent les s’acquitter de la différence sur les droits d’enregistrement relatifs aux biens acquis.

  • Maroc : les promoteurs immobiliers dans le collimateur du fisc

    Les services fiscaux ont lancé une série de révisions visant des promoteurs immobiliers. L'enquête a été déclenchée par des signalements de clients contraints de payer une partie en espèces.

  • Soupçons de fraude entre le Maroc et la France dans l'immobilier

    Suite aux alertes de suspicion reçues de la part des autorités de contrôle européennes partenaires, notamment en France et en Espagne, les services de contrôle du Bureau des changes et de la Direction générale des impôts ont renforcé leur coordination dans le cadre de nouvelles missions d'audit conjointes, visant à enquêter sur des cessions immobilières suspectes réalisées par des étrangers au Maroc.

  • Le fisc marocain traque certaines entreprises

    Des opérations de vérification visant des entreprises soupçonnées de se soustraire au paiement d'arriérés fiscaux de plusieurs milliards de dirhams sont dans le viseur des services de contrôle relevant de la Direction générale des impôts (DGI). Déjà deux sociétés épinglées.

  • L'immobilier au Maroc au cœur d'un scandale de fraude fiscale

    Les contrôleurs de la Direction générale des impôts ont intensifié leurs enquêtes après avoir reçu des informations graves concernant des faits d'évasion fiscale de plusieurs milliards de dirhams dans le secteur immobilier sur l'axe Rabat-Casablanca.

  • Des entreprises marocaines dans le collimateur du fisc

    Les contrôleurs de l'Autorité nationale du renseignement financier (ANRF) enquêtent sur des petites et moyennes entreprises établies entre Casablanca et Tanger, soupçonnées de déclarations fictives et de blanchiment.

  • Maroc : le fisc traque les faux travaux

    Déférant aux instructions des services centraux, les équipes de contrôle relevant des directions régionales des impôts mènent des audits ciblés des comptes d'entreprises ayant déclaré de faux travaux d'aménagement et de maintenance dans leurs locaux.

  • Le fisc marocain fait la chasse aux terrains non bâtis

    Les walis et gouverneurs ont reçu des consignes pour accélérer la mise à jour des registres fiscaux relatifs aux terrains urbains non bâtis. Ces instructions font suite à la découverte de cas d'exemptions temporaires indûment accordées à certains promoteurs immobiliers.

  • Maroc : Un scandale immobilier éclabousse des élus et fonctionnaires

    Des rapports émanant des services des affaires intérieures ont révélé l'implication d'élus et de fonctionnaires des régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma dans des opérations de spéculation immobilière sur des lotissements situés dans des zones relevant de leur juridiction.

  • Un scandale de corruption qui éclabousse plusieurs régions au Maroc

    En raison de leur complicité avec des promoteurs immobiliers, des fonctionnaires officiant pour le compte des services de l'urbanisme de plusieurs préfectures relevant des régions de Casablanca-Settat, Marrakech-Safi et Rabat-Salé-Kénitra sont dans le viseur des services de l'administration centrale du ministère de l'Intérieur. Ceux-ci mènent des enquêtes administratives.

  • Immobilier au Maroc : les MRE surveillés ?

    Des promoteurs immobiliers sont accusés de ne pas avoir déclaré d'importantes sommes reçues auprès de Marocains résidant à l'étranger (MRE) en vue de l'achat d'appartements au Maroc.