Pourquoi le cash reste encore le grand roi au Maroc

- 10h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Le cash reste roi au Maroc, mais le digital gagne du terrain grâce à l’intervention de l’État. Dans son rapport annuel 2024 sur les infrastructures de paiement, Bank Al-Maghrib (BAM) dresse le constat d’une économie encore dominée par les espèces, tout en soulignant l’essor spectaculaire des portefeuilles électroniques (M-Wallets), portés par la distribution des aides sociales directes.

Selon le magazine Challenge, qui relaie les conclusions de la Banque centrale, les habitudes de paiement, le poids de l’informel et une certaine méfiance fiscale maintiennent la prédominance du cash. Toutefois, l’année 2024 a marqué un tournant : l’amnistie fiscale prévue par la loi de finances a permis de récupérer près de 37 milliards de dirhams dans les circuits bancaires, ralentissant la croissance de la circulation fiduciaire.

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Si le paiement mobile peine encore à s’imposer dans le commerce quotidien – il ne représente que 0,1 % des transactions d’achat –, il a explosé sous l’effet des politiques publiques. L’encours des M-Wallets émis par les établissements de paiement a bondi de 32 % pour atteindre 13,7 millions de comptes à fin 2024.

Cette dynamique est directement liée au programme des aides sociales directes. Le nombre de transactions via ces portefeuilles a doublé en un an, passant de 9,7 à 19,7 millions d’opérations, pour un montant total de 3,9 milliards de dirhams. L’essentiel de ces flux correspond au versement et au retrait des allocations de l’État.

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Pour transformer l’essai et encourager l’usage du mobile au-delà du simple retrait d’aides, BAM a activé plusieurs leviers réglementaires. Depuis le 1ᵉʳ octobre 2024, les frais sont plafonnés à 0,65 % de la transaction, et leur refacturation au consommateur est interdite. L’objectif est clair : réduire les coûts pour les commerçants et favoriser l’adoption massive du paiement électronique dans l’économie réelle.

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    Le cash règne toujours en maître au Maroc avec 444 milliards de dirhams en circulation, mais sa croissance s'essouffle pour la première fois depuis dix ans. L'amnistie fiscale et la montée du digital ont amorcé un virage discret dans les habitudes de paiement des Marocains en 2024.

  • Le Maroc croule sous le cash

    L'usage du cash au Maroc continue de progresser pour atteindre 30 % du Produit Intérieur Brut (PIB), une tendance inverse à la dynamique mondiale de digitalisation des paiements. Selon les statistiques de Bank Al-Maghrib (BAM), le volume de la monnaie en circulation s'est établi à 475 milliards de dirhams à fin octobre 2025. Cette prépondérance du cash concerne 77 % de l'ensemble des transactions nationales, un phénomène ancré par des facteurs socio-culturels et le poids du secteur informel.

  • Immobilier au Maroc : payer en cash va désormais coûter très cher

    La chasse au cash est ouverte. À partir du 1ᵉʳ juillet prochain, acheter un bien immobilier ou un fonds de commerce en espèces sera pénalisé fiscalement. La Direction Générale des Impôts (DGI) appliquera une surtaxe de 2 % si le paiement n'est pas traçable.

  • Payer un bien immobilier en cash au Maroc devient une très mauvaise idée

    La Direction Générale des Impôts (DGI) serre la vis sur l'usage du cash dans les transactions immobilières. Dans la nouvelle mouture du Code Général des Impôts (CGI) pour l'année 2026, une disposition introduit un droit d'enregistrement supplémentaire de 2 % pour les opérations dont le paiement n'est pas traçable. Cette mesure entrera en vigueur le 1ᵉʳ juillet prochain.

  • Immobilier au Maroc : vous payez en cash ? ce sera plus cher !

    Le projet de loi de finances 2026 marque un tournant dans la stratégie de l'État marocain pour réduire la circulation des liquidités hors des circuits bancaires. Le gouvernement introduit des mesures fiscales coercitives, dont une surtaxe spécifique sur les transactions immobilières non tracées, afin de forcer la bancarisation de l'économie et de lutter contre l'informel.

  • Maroc : payer en cash coûtera plus cher

    Le gouvernement prévoit de surtaxer de 2 % les transactions immobilières et cessions de fonds de commerce réalisées sans trace bancaire. La mesure fiscale, inscrite dans le projet de loi de finance 2026, vise à réduire l'usage du cash, renforcer la transparence et promouvoir la bancarisation des paiements.

  • Change de devises : Fini le tout-espèces, le paiement par carte arrive dans les bureaux de change

    L'Office des changes modernise les opérations de change manuel. La circulaire n° 3/2025 autorise désormais les opérateurs à utiliser des terminaux de paiement électronique pour l'achat de devises et à délivrer des cartes en dirhams, diversifiant ainsi les moyens de règlement au-delà des espèces.

  • Marocains, vérifiez vos portefeuilles : ces billets n'auront bientôt plus aucune valeur

    Bank Al-Maghrib a annoncé le retrait officiel de plusieurs séries de billets de banque à compter du 1er janvier 2026. Cette décision s'inscrit dans le cadre du décret n° 2.25.966 en date du 23 décembre 2025.

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    Les ménages marocains respirent enfin après des années d'asphyxie inflationniste. Le Haut-Commissariat au Plan confirme une reprise spectaculaire du pouvoir d'achat en 2024, marquant une rupture nette avec la crise pour renouer avec des niveaux de croissance inédits depuis quinze ans.

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    Il y a de moins en moins de faux billets en circulation au Maroc. C'est le constat dressé par Bank Al-Maghrib dans son dernier rapport annuel. La tendance à la baisse se confirme, avec un taux de contrefaçon qui a été divisé par cinq par rapport à 2018.