Le Marocain Yassine Bounou signe un geste jamais vu au Mondial
Face aux Pays-Bas, Yassine Bounou a qualifié les siens en arrêtant un pénalty d’une manière totalement inédite. En choisissant de rester debout, le portier invente un geste audacieux qui marque déjà l’histoire du football.
À l’instar de la Panenka ou de la célèbre Madjer, le monde du ballon rond possède désormais sa « Bounou ». Ce terme illustre l’arrêt sans plongeon réalisé par le portier d’Al-Hilal pour sceller la victoire de son équipe contre les Néerlandais en huitièmes de finale de la Coupe du monde (1-1, 3 t.a.b à 2). En anticipant la frappe de Crysencio Summerville tout en conservant ses appuis au sol, il a couronné une séance où sa présence avait déjà poussé Justin Kluivert et Jurriën Timber à manquer le cadre.
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Cette stratégie très spécifique permet avant tout de couvrir l’espace supérieur de la cage. Guillaume Warmuz, ancien portier aux 350 matchs sous les couleurs du RC Lens, décrypte cette logique implacable : « Si je reste sur mes appuis et que le ballon va en lucarne, je ne pourrai pas le toucher ». Cette audace verticale n’est pourtant pas une première absolue pour le spécialiste, puisqu’il avait déjà surpris le Nigérian Bruno Onyemaechi de la même façon lors des demi-finales de la dernière CAN.
Si l’innovation fascine, elle exige une lecture parfaite de l’adversaire et implique un « risque maximal ». L’actuel entraîneur des gardiens de Dunkerque souligne qu’un attaquant habitué à marquer un temps d’arrêt, tel que Jorginho ou Bruno Fernandes, punirait immédiatement cette anticipation. Face à un tireur qui garde la tête levée pour analyser les mouvements du gardien, partir avant la frappe ouvre la voie à un contre-pied inévitable.
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Malgré le génie de cette parade, sa banalisation semble peu probable. Christophe Lollichon, ex-entraîneur des gardiens de Chelsea relayé par Le Parisien, juge cette découverte très inspirante mais prévient que son efficacité restera « très éphémère » sur le long terme. S’il ne s’attend pas à une révolution globale de l’exercice, il adresse tout de même un vibrant « coup de chapeau » au joueur pour avoir osé ce coup de poker historique dans une compétition d’une telle envergure.