Des Marocains rattrapés par la justice française
Des décisions de justice rendues en Europe ont accidentellement révélé au grand jour un vaste système de fuite de capitaux. Le gendarme financier marocain traque désormais les milliards dissimulés par de riches investisseurs à l’étranger.
C’est un retour de bâton inattendu. Des jugements et arbitrages prononcés en France, en Espagne et en Belgique contre des hommes d’affaires ont récemment atterri sur les bureaux des tribunaux marocains. À l’intérieur de ces dossiers, des expertises comptables exigées par leurs adversaires ont dévoilé des transactions et des bénéfices colossaux. Ces montants faramineux n’avaient jamais été déclarés ni rapatriés sur le territoire national.
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Face à ces écarts flagrants entre les déclarations officielles et la réalité du terrain, l’Office des changes a immédiatement déclenché une vaste opération de contrôle. Selon les informations rapportées par Hespress, l’étau se resserre pour l’instant autour de quatre profils bien précis. Parmi ces premiers suspects figurent deux opérateurs majeurs spécialisés dans l’exportation de fruits et légumes.
Pour dissimuler leurs avoirs aux yeux des contrôleurs, ces fraudeurs présumés ont fait appel à des experts internationaux. Ils ont confié la gestion de leurs actifs à des cabinets de courtage spécialisés, capables de brouiller les pistes à travers une multitude de placements sur les marchés financiers. Les enquêteurs s’appuient désormais sur les données de leurs homologues européens pour recenser les biens immobiliers et les participations financières cachés hors des frontières.
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Les investigations remontent jusqu’aux quatre dernières années pour éplucher les comptes bancaires locaux. Les inspecteurs vérifient minutieusement les autorisations de transfert, traquant de potentielles falsifications vieilles de trois ans. Ils s’intéressent particulièrement aux demandes d’envoi de fonds supplémentaires, souvent justifiées de manière douteuse par de prétendues pertes à l’étranger. Si la législation permet d’investir hors des frontières, toute recapitalisation destinée à éponger des déficits exige une approbation stricte et préalable des autorités.