Comment des patrons marocains détournent des millions pour s’acheter une nationalité
Une vaste enquête dévoile comment des sociétés marocaines détournent les aides à l’exportation pour fuir le fisc. Leur objectif final : transférer massivement leurs bénéfices à l’étranger afin d’y acheter des résidences ou des nationalités.
L’arnaque est aussi sophistiquée que lucrative. Selon les enquêteurs de la Douane, de l’Office des changes et des Impôts, des patrons marocains organisent une fuite de capitaux vers l’Europe et les pays du Golfe. Paradoxalement, ces fraudeurs se montrent des contribuables modèles dans leurs pays d’accueil. Ils s’y acquittent rubis sur l’ongle des taxes douanières et fiscales dans un but bien précis : obtenir des titres de séjour ou des passeports étrangers grâce aux facilités locales. Cette manœuvre pousse aujourd’hui les autorités marocaines à accélérer l’échange de données financières internationales pour démasquer ces réseaux et identifier les fonds cachés.
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Pour réussir ce tour de passe-passe, les fraudeurs abusent des programmes publics d’encouragement à l’industrie. D’après les informations de Hespress, le stratagème repose sur la création de succursales à l’étranger. Les entreprises marocaines exportent leurs propres marchandises vers ces filiales à des tarifs dérisoires, prétextant la nécessité d’offrir des prix préférentiels pour conquérir de nouveaux marchés. Les produits sont ensuite revendus au prix fort à l’international. Cette manœuvre, qualifiée de « manipulation délibérée des valeurs de transaction » et étroitement surveillée par l’OCDE, permet d’évaporer les bénéfices hors des radars nationaux.
Sur Bladi.net : Maroc : des sociétés à l’étranger dans le viseur du Fisc
Les investigations ciblent actuellement sept sociétés suspectes, dont trois opèrent dans le textile et la confection. Celles-ci profitaient d’exonérations douanières pour importer des matières premières. Pour écraser leurs coûts, elles exploitaient une main-d’œuvre non déclarée, privant ces travailleurs de leurs « droits sociaux acquis ». Au-delà des pertes financières colossales pour le Trésor public, ce vaste système de fraude pénalise lourdement le tissu industriel national et les entreprises locales honnêtes, désormais confrontées à une concurrence totalement déloyale.