Grands projets au Maroc : la traque impitoyable du fisc contre les entreprises étrangères

- 12h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

L’administration fiscale marocaine intensifie ses contrôles contre les sociétés étrangères. Accusées de profiter des vastes chantiers du Royaume pour générer des profits sans régler leurs impôts locaux, ces dernières s’exposent désormais à de très lourdes sanctions.

Les limiers de la Direction générale des impôts (DGI) passent à la vitesse supérieure. D’après les révélations de Hespress, les enquêteurs ciblent en priorité trois entreprises internationales ayant réalisé des opérations très rentables, mais de courte durée. Ces firmes interviennent dans le numérique, la fourniture d’équipements et la construction, directement attirées par les grands projets qui dynamisent l’économie marocaine. Le fisc traque systématiquement ces structures qui engrangent des bénéfices colossaux sans posséder de siège officiel dans le pays, et qui « oublient » de déclarer leurs véritables revenus.

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Pour coincer ces fraudeurs, l’administration fiscale croise minutieusement ses fichiers. Elle épluche les données des marchés publics, les contrats validés et les transferts d’argent depuis l’étranger. La DGI a formellement exigé des banques et des établissements de paiement des détails précis sur plusieurs transactions suspectes.

L’étau se resserre avec l’envoi de mises en demeure réclamant le paiement immédiat des arriérés et des amendes de retard. La loi marocaine se veut stricte : l’article 5 du Code général des impôts soumet à taxation tout bénéfice réalisé sur le territoire, même de manière purement occasionnelle ou exceptionnelle.

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Les opérations de vérification s’attaquent également aux montages complexes. Les inspecteurs ont découvert que certaines entreprises utilisent des intermédiaires locaux ou des sociétés écrans marocaines pour masquer le volume réel de leurs affaires et contourner les seuils d’imposition. Face à ces pratiques, les agents décortiquent désormais l’intégralité des chaînes de sous-traitance pour démasquer le véritable bénéficiaire économique final. Une manière ferme de garantir qu’aucune entité ne puisse s’enrichir sur le sol national sans participer aux recettes de l’État.