À Tanger, des propriétaires transforment leurs terrains pour échapper au fisc
À Tanger, les grands propriétaires fonciers multiplient les stratagèmes pour échapper à la taxe sur les terrains non bâtis. Face à des redressements colossaux, les autorités intensifient la traque et promettent des sanctions sévères contre la fraude fiscale.
Depuis plusieurs jours, les grands promoteurs de la région de Tanger cherchent des failles pour ne pas régler la taxe sur leurs terrains nus. Ces dizaines d’hectares, conservés dans l’espoir d’une hausse de leur valeur, représentent des impayés considérables. Les récentes révisions fiscales, qui ciblent les années passées, exigent parfois des paiements atteignant des centaines de millions de dirhams. Paniqués par les courriers des autorités, ces acteurs économiques considèrent ces prélèvements comme des « devoirs inutiles dont on peut se débarrasser ».
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Pour éluder cet impôt local, les propriétaires usent d’un stratagème très simple en labourant et en cultivant artificiellement leurs parcelles situées en périphérie. Cette méthode permet de faire classer ces surfaces en terres agricoles, rendant impossible la délivrance de permis de construire. D’après Hespress, ce processus s’appuie sur des commissions suspectées de fournir des rapports favorables. Ces documents facilitent ensuite la tâche des présidents de conseils locaux pour accorder l’exonération fiscale, privant ainsi les communes d’importantes rentrées d’argent.
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L’étau se resserre néanmoins autour des contrevenants. Les autorités surveillent de près ces manœuvres et promettent que le retour de bâton sera « sévère pour tous ceux dont l’implication sera prouvée pour aider cette catégorie désireuse de frauder le fisc ». Des audits rigoureux ont été lancés il y a plusieurs mois pour enquêter sur une « suspicion de collusion probable » entre les magnats de l’immobilier et les élus locaux. Cette vaste offensive place désormais de nombreux responsables sous une très forte pression, directement menacés par une procédure de révocation.