Fisc : Le Maroc lance une chasse aux sorcières contre les influenceurs « fraudeurs »
La Direction générale des impôts a lancé une vaste opération de régularisation ciblant les influenceurs sur les réseaux sociaux. Cette offensive vise à recouvrer les impôts sur les revenus publicitaires non déclarés, estimés à plusieurs dizaines de millions de dirhams.
Les services de contrôle central de la Direction générale des impôts (DGI) ont mobilisé leurs équipes régionales pour notifier à des dizaines de créateurs de contenu l’obligation de régulariser leur situation. Selon Hespress , cette démarche intervient après le repérage de flux financiers importants dans les comptabilités d’entreprises ayant déclaré des prestations de marketing numérique comme charges déductibles.
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Les investigations s’appuient sur des données précises issues du suivi des activités numériques et du traitement des opérations financières. Les contrôleurs ont constaté que certains revenus mensuels dépassent les 100 000 dirhams, atteignant un seuil annuel d’environ 1,2 million de dirhams. Ces montants placent contractuellement les bénéficiaires dans la tranche d’imposition au taux de 38 %.
L’audit a révélé que des centaines d’influenceurs perçoivent leurs revenus par virements ou mandats postaux sans les déclarer. L’administration distingue deux profils : ceux qui ignorent leurs obligations déclaratives et ceux qui s’y soustraient délibérément. Selon des estimations préliminaires, les notifications de régularisation pourraient porter sur 52 millions de dirhams pour les quatre dernières années, un montant susceptible d’augmenter selon l’audience des comptes audités.
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La DGI a sensibilisé les contrevenants sur la gravité de l’exercice d’activités commerciales sans facturation, les exposant à des sanctions répressives et des amendes. Cette offensive a également déclenché des révisions fiscales à l’encontre des entreprises partenaires, dont certaines déclaraient des déficits chroniques tout en effectuant d’importants paiements aux créateurs de contenu.