Casablanca : des enquêtes lancées sur des élus
L’Office des Changes intensifie sa lutte contre la fuite des capitaux. Plus de 80 notifications ont été adressées à des contribuables soupçonnés de détenir illégalement des avoirs à l’étranger, identifiés grâce à l’échange automatique d’informations avec l’Europe.
Le régulateur financier a sommé quelque quatre-vingts personnalités, incluant des hommes d’affaires et des promoteurs immobiliers, de justifier la détention de biens et de comptes bancaires hors des frontières. Ces contribuables, ciblés par des procédures de contrôle, disposent d’un délai de 21 jours pour répondre aux requêtes de l’administration. Cette offensive s’appuie sur des données précises transmises par les partenaires européens, notamment la France, l’Espagne et la Belgique, dans le cadre des accords de transparence fiscale, rapporte Hespress.
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Les investigations ont mis au jour des montages financiers utilisés pour contourner la réglementation des changes. Parmi les dossiers instruits figurent des détournements de « facilités de change », où des fonds exportés pour financer les études d’enfants à l’étranger ont été convertis en patrimoine immobilier sans être rapatriés. D’autres cas concernent des promoteurs encaissant directement en devises sur des comptes offshore le produit de ventes immobilières réalisées au Maroc auprès des Marocains résidant à l’étranger (MRE).
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Pour détecter ces irrégularités, le « gendarme du change » exploite désormais des outils technologiques avancés, incluant l’intelligence artificielle, permettant de croiser les fichiers fiscaux nationaux avec les registres fonciers et bancaires internationaux. Les contrevenants identifiés s’exposent à des sanctions lourdes, incluant des amendes pouvant atteindre six fois la valeur des avoirs dissimulés et des peines d’emprisonnement.
Ce durcissement des contrôles succède à la clôture, le 31 décembre 2024, de l’ultime fenêtre de régularisation spontanée. Cette campagne d’amnistie avait permis de révéler plus de deux milliards de dirhams d’actifs, répartis entre placements financiers et biens immobiliers, marquant la fin de la période de clémence avant l’activation des mécanismes répressifs actuels.