Immobilier au Maroc : des MRE dans le collimateur pour blanchiment d’argent

- 12h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Alerte rouge sur le marché de la pierre. L’Autorité Nationale des Renseignements Financiers (ANRF) est sur la piste d’un vaste réseau de blanchiment d’argent ciblant des projets immobiliers à l’arrêt. Des "investisseurs" douteux rachètent des chantiers en faillite à Casablanca, Tanger et Marrakech pour lessiver l’argent de la drogue.

Ce sont les notaires et les agents immobiliers qui ont tiré la sonnette d’alarme. Plusieurs transactions suspectes ont attiré leur attention : de nouvelles sociétés, surgies de nulle part, injectent des sommes colossales pour racheter des projets immobiliers paralysés depuis des mois, voire des années.

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La méthode est rodée : ces "sauveurs" versent d’importants acomptes pour lever les saisies bancaires qui pèsent sur les titres fonciers. En apparence, tout est légal. Les droits d’enregistrement sont payés, les taxes réglées, le tout via des études notariales pour endormir la vigilance des contrôleurs financiers, indique Hespress.

Connexions avec l’Espagne et les Pays-Bas

L’enquête de l’ANRF, menée en coordination avec Bank Al-Maghrib et le Fisc, cible particulièrement trois acquéreurs. Des renseignements venus d’Espagne et des Pays-Bas lient ces individus au trafic international de drogue. Deux d’entre eux, résidant à l’étranger et possédant d’autres nationalités, présentent un décalage flagrant entre la valeur modeste de leurs sociétés et les montants astronomiques brassés sur le terrain.

Leur stratégie ne s’arrête pas à l’achat simple. Ces réseaux font appel à des cabinets d’expertise comptable pour une véritable "ingénierie de la dette". Restructuration de créances, partage d’actifs ou rachat de parts : tout est fait pour complexifier les montages et masquer l’origine illicite des fonds injectés pour relancer ces chantiers (souvent bloqués pour malfaçons ou faillite).

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Face à cette recrudescence, l’ANRF a transmis 84 dossiers aux procureurs du Roi entre 2023 et 2024, marquant une hausse de plus de 18 % des affaires transmises à la justice.

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