Un vaste réseau de blanchiment d’argent secoue l’immobilier marocain

- 22h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Suite à la réception d’informations concernant l’utilisation frauduleuse d’identités d’« étudiants » dans des opérations de blanchiment d’argent via des investissements immobiliers sous une forme légale, l’Autorité nationale du Renseignement Financier (ANRF) enquête sur la conformité des transferts financiers inhabituels entre étudiants marocains à l’étranger, notamment en France et au Canada, et gestionnaires d’amicales immobilières situées principalement dans l’axe Rabat–Casablanca et l’origine de ces opérations.

Les contrôleurs de l’Autorité nationale du Renseignement Financier (ANRF) examinent minutieusement les liens de parenté, de connaissance et d’intérêts mutuels entre les présidents et membres des bureaux de gestion des amicales immobilières et des étudiants toujours inscrits à l’étranger, dont les noms reviennent à plusieurs reprises dans les listes des bénéficiaires de plusieurs projets immobiliers de ces amicales. Ces bénéficiaires ont versé des acomptes de réservation dans des projets d’amicales de villas et d’immeubles résidentiels pouvant atteindre jusqu’à 700 000 dirhams, un montant incompatible avec leur situation sociale et financière, rapportent des sources à Hespress.

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Les contrôleurs de l’ANRF ont été instruits à l’effet de vérifier la situation des « étudiants » soupçonnés d’être utilisés dans des opérations de blanchiment d’argent, en particulier auprès de l’Office des changes et des banques. Ils ont pour mission de faire un inventaire des transferts liés aux allocations, aux frais de scolarité ainsi qu’aux virements bancaires entre ces étudiants et leurs familles depuis leur départ à l’étranger pour études. Ils se concentrent également sur l’origine des fonds affluant sur les comptes des amicales au nom de bénéficiaires « fictifs », ainsi qu’à leur lien avec le trafic international de drogue. Cette mission fait suite à la détection de l’implication de membres des bureaux de gestion des amicales dans ce commerce.

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Pour réussir leurs missions, les contrôleurs de l’Autorité, en coordination avec les services de contrôle de l’Office des changes, « envisagent d’interroger des étudiants marocains à l’étranger afin de justifier des transferts financiers effectués depuis leurs comptes bancaires au Maroc vers des comptes d’amicales immobilières ». Ils comptent également vérifier les autorisations de travail dont ces étudiants disposent, en les comparant avec le montant des investissements immobiliers réalisés au Maroc, ainsi qu’avec les coûts de leurs études à l’étranger. Ils veillent en outre à dissoudre les bureaux de gestion et à éviter les litiges juridiques et judiciaires entre les membres.

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Les relations entre les étudiants bénéficiaires de villas et d’immeubles au sein d’amicales immobilières et des fonctionnaires locaux, investisseurs et personnes influentes ont favorisé l’acquisition des biens immobiliers ainsi que la mobilisation des liquidités nécessaires pour réaliser les projets dans des délais records, en vue de passer à d’autres projets, révèlent les mêmes sources.

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