Le méga-gazoduc vers le Maroc sort des discours et entre dans les comptes de NNPC
Le gazoduc Nigeria-Maroc figure parmi les projets financés par un prêt de 473,8 milliards de nairas accordé par NNPC à sa filiale gazière en 2025. Révélé ce 5 octobre, ce montant couvre également deux investissements au Nigeria.
Les comptes annuels de la compagnie pétrolière nigériane apportent un nouvel éclairage sur son engagement financier dans le projet. Selon Punch, le prêt a été accordé à NNPC Gas Infrastructure Company, sa filiale entièrement détenue, pour répondre aux besoins de plusieurs infrastructures.
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Trois dossiers se partagent cette enveloppe : les appels de fonds du gazoduc Nigeria-Maroc, le financement du gazoduc Ajaokuta-Kaduna-Kano, dit AKK, et un apport au capital d’Anoh Gas Processing Company. La part affectée à chacun n’est pas détaillée dans les informations rapportées par le quotidien.
Au 31 décembre 2025, 14,4 milliards de nairas restaient disponibles sur ce prêt sans avoir été tirés. Les comptes mentionnent aussi 25,7 milliards de nairas d’intérêts encore dus. Ces données concernent l’ensemble du financement accordé à la filiale.
Un corridor gazier jusqu’au Maroc et à l’Europe
Le projet Nigeria-Maroc poursuit une ambition différente de celle du gazoduc intérieur AKK. Ce dernier doit alimenter le nord du Nigeria, notamment ses centrales électriques et ses industries. Le corridor atlantique doit, lui, desservir les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest jusqu’au royaume, avec un débouché européen.
Sa préparation a franchi une étape juridique le 19 juillet à Freetown. Les États membres de la CEDEAO ont signé l’accord intergouvernemental relatif au Gazoduc africain atlantique, selon l’ONHYM, qui porte le projet avec NNPC.
Cette coordination doit accompagner un développement progressif de l’infrastructure. Le schéma présenté par Amina Benkhadra prévoit des tronçons pouvant fonctionner de manière autonome, avec de premières liaisons entre le Maroc et les ressources gazières de Mauritanie et du Sénégal. Une entreprise conjointe maroco-nigériane doit prendre en charge l’exécution, le financement et la construction.
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Du côté marocain, la recherche de partenaires financiers a également conduit Rabat à engager des discussions avec l’Exim Bank américaine et la Banque mondiale. L’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, avait confirmé ces démarches en juillet. L’Exim Bank avait alors reconnu l’existence d’échanges préliminaires.
L’investissement global est estimé à quelque 26 milliards de dollars. Le tracé envisagé doit parcourir environ 6 800 kilomètres le long de la façade atlantique, puis rejoindre au Maroc le gazoduc Maghreb-Europe, connecté à l’Espagne.