93 millions de quintaux de céréales en 2026, 50 millions en 2027 : le calcul qui ramène la croissance marocaine sous les 3 %
Le Maroc devrait récolter 93 millions de quintaux de céréales cette année. Pour 2027, Bank Al-Maghrib construit ses prévisions sur un retour à 50 millions de quintaux. Avec cette hypothèse, la croissance économique ralentirait de 4,4 % à 2,9 %, malgré une reprise attendue des activités non agricoles.
L’écart est considérable : 43 millions de quintaux séparent la récolte estimée pour 2026 du niveau retenu par la banque centrale pour 2027. Il représenterait une baisse d’environ 46 % des volumes de céréales d’une année sur l’autre.
Mais les 50 millions de quintaux ne sont pas l’annonce d’une mauvaise campagne. Il s’agit d’une hypothèse de production moyenne utilisée par Bank Al-Maghrib pour établir ses projections économiques avant de connaître les conditions de la prochaine saison agricole. Les chiffres figurent dans les nouvelles prévisions diffusées après son Conseil du 22 septembre.
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La récolte de 2026 soutient fortement l’économie. Bank Al-Maghrib prévoit une hausse de 16 % de la valeur ajoutée agricole cette année. Au printemps, une première estimation situait encore la production céréalière autour de 90 millions de quintaux, contre 44 millions lors de la campagne précédente. L’estimation désormais retenue atteint 93 millions.
L’agriculture reculerait de 7,6 % en 2027
Avec une récolte ramenée à un niveau moyen, la valeur ajoutée agricole diminuerait de 7,6 % l’an prochain. L’effet de comparaison est puissant : après le rebond de 2026, produire 50 millions de quintaux ferait reculer l’activité agricole, même sans retrouver les faibles récoltes des années de sécheresse.
La croissance de l’ensemble de l’économie passerait ainsi de 4,9 % en 2025 à 4,4 % en 2026, puis à 2,9 % en 2027, selon Bank Al-Maghrib. Le repli agricole pèserait sur le résultat de 2027, mais il n’explique pas à lui seul la révision des prévisions.
En juin, la banque centrale tablait encore sur une croissance de 5,2 % cette année et de 3,1 % l’an prochain. Elle attend désormais un ralentissement plus marqué des activités non agricoles en 2026 : leur progression serait de 3,1 %, après 4,5 % en 2025, en raison notamment de performances moins favorables dans les industries extractives et manufacturières.
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Ces activités devraient retrouver un rythme de croissance de 4 % en 2027. Cette amélioration ne suffirait toutefois pas, dans le scénario actuel, à empêcher la croissance nationale de passer sous les 3 %.
La prochaine campagne céréalière reste donc une donnée décisive. Bank Al-Maghrib a retenu une récolte moyenne de 50 millions de quintaux pour faire ses calculs ; les pluies et les semis détermineront si l’économie marocaine suit effectivement cette trajectoire en 2027.