Le Maroc résiste là où sa région décroche : la BERD dévoile ses nouveaux chiffres
La BERD relève à 4,8 % sa prévision de croissance du Maroc en 2026, alors que l’économie de la Méditerranée méridionale et orientale devrait reculer de 0,7 %. Le retour de l’agriculture, le tourisme et les transferts des MRE compensent le ralentissement de l’industrie et de la construction.
Le Maroc devrait enregistrer la plus forte croissance des six économies de la région suivies par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Dans ses nouvelles prévisions publiées en septembre, la BERD table sur une progression du PIB marocain de 4,8 % en 2026, contre 4,4 % dans son estimation de juin.
Sur Bladi.net : 93 millions de quintaux de céréales en 2026, 50 millions en 2027 : le calcul qui ramène la croissance marocaine sous les 3 %
Cette révision de 0,4 point place le royaume devant l’Égypte, attendue à 4,6 %, la Jordanie à 2,5 % et la Tunisie à 2,4 %. Pendant ce temps, l’Irak devrait subir une contraction de 12 % et le Liban une récession de 5 %, indique la BERD.
Le moteur principal de la performance marocaine se trouve dans les champs. Après plusieurs années de sécheresse, la production agricole a fortement rebondi au premier semestre. La valeur ajoutée du secteur a progressé de 18,4 % sur un an, permettant de compenser une activité plus faible dans l’industrie et la construction.
L’économie marocaine avait déjà progressé de 4,6 % au premier trimestre, après 5 % durant la même période de 2025. La BERD estime désormais que la reprise agricole permettra au pays de maintenir une croissance élevée sur l’ensemble de l’année.
Le tourisme et les transferts des Marocains résidant à l’étranger renforcent également les équilibres extérieurs. Au premier semestre, les recettes touristiques ont atteint 64,9 milliards de dirhams, contre 61,5 milliards pour les transferts des MRE. Ces deux sources de devises absorbent une partie du creusement du déficit commercial et de la hausse de la facture énergétique.
L’Irak et le Liban font basculer toute la région
À l’échelle de la Méditerranée méridionale et orientale, le contraste est brutal. La BERD prévoit une contraction régionale de 0,7 % en 2026, après avoir encore anticipé une baisse de 0,6 % dans sa précédente estimation. L’effondrement des exportations pétrolières irakiennes et la reprise des hostilités au Liban entraînent la moyenne vers le bas.
L’Irak ne parvient à exporter par les itinéraires alternatifs qu’une quantité représentant moins du quart de ses volumes habituels. Son PIB devrait chuter de 12 % cette année. Au Liban, la guerre a frappé le tourisme, détruit de nouvelles infrastructures et fait remonter l’inflation jusqu’à 20 % en avril.
Sans l’Irak, la région resterait en croissance de 3,9 % en 2026. Le recul annoncé ne concerne donc pas uniformément tous les pays, mais il montre l’ampleur du choc subi par les économies les plus exposées aux conflits, aux perturbations commerciales et à la flambée des prix de l’énergie.
Le Maroc conserve de son côté une inflation particulièrement basse. Elle s’est limitée en moyenne à 0,5 % durant les six premiers mois de 2026, malgré la hausse des prix énergétiques. Les réserves internationales atteignaient 54,3 milliards de dollars en août, soit l’équivalent de 5,3 mois d’importations.
Les finances publiques évoluent plus lentement. Le déficit budgétaire devrait atteindre 3,4 % du PIB en 2026, tandis que la dette reculerait légèrement de 66,6 % du PIB en 2025 à 65,8 % cette année. L’émission obligataire internationale réalisée en mai a par ailleurs reçu davantage de demandes que le montant proposé.
Sur Bladi.net : Sans les MRE, le choc énergétique coûterait plus cher au Maroc
La BERD prévoit un ralentissement de la croissance marocaine à 3,9 % en 2027, tout en maintenant le royaume parmi les économies les plus dynamiques de la région. Cette estimation reste nettement supérieure aux 2,9 % annoncés par Bank Al-Maghrib, dont le scénario repose notamment sur une récolte céréalière ramenée de 93 à 50 millions de quintaux.