Baisse du dirham et tensions géopolitiques : pourquoi la croissance marocaine va ralentir en 2026
La croissance économique du Maroc devrait fléchir à 4,2 % en 2026. Le Royume subit de plein fouet l’instabilité mondiale, la hausse des prix énergétiques et la dépréciation de sa monnaie, malgré une inflation rigoureusement maîtrisée.
L’instabilité au Moyen-Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz pèsent lourdement sur l’économie marocaine. La Banque africaine de développement (BAD) anticipe un net ralentissement de la croissance, passant de 4,7 % en 2025 à 4,2 % cette année. Cette décélération s’explique par une flambée des prix des engrais et de la facture énergétique, une situation directement aggravée par la baisse du dirham.
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Conséquence logique de ces importations coûteuses, le déficit de la balance courante va se creuser pour atteindre 3,5 % du PIB. Les finances publiques subissent également cette pression, avec un déficit budgétaire attendu à 3,7 % en raison de l’augmentation de la masse salariale et des efforts financiers déployés par l’État pour protéger le pouvoir d’achat des Marocains.
Face à cette conjoncture défavorable, le Royaume s’appuie sur des amortisseurs efficaces. Contrairement à l’Égypte ou au Nigeria qui affrontent des taux à deux chiffres, le Maroc maintient son inflation sous la barre des 2,4 % en 2026 grâce à ses subventions ciblées et à la prudence de sa politique monétaire. La consommation des ménages et l’investissement dans les infrastructures restent de puissants moteurs, épaulés par le tourisme, l’industrie et l’agriculture.
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Les experts saluent particulièrement la gestion transparente de la dette interne et le succès de l’institution Tamwilcom, érigée en modèle continental pour garantir les prêts aux PME. Le marché financier national doit toutefois gommer certaines lacunes structurelles pour capter des financements massifs, à l’image d’une Bourse restreinte à seulement 77 entreprises cotées et d’une domination écrasante du secteur bancaire classique.