Les couleurs du désert inspirent les créateurs, de Casablanca à Paris

- 14h37 - Maroc - Ecrit par :

"Le maroc est arrivé avec ses couleurs : celles de la terre et du sable. Mais aussi celles de la rue, des femmes en caftans turquoise, mauves et de toutes les couleurs. (...) Avant, je n’utilisais que des teintes sombres", a souvent dit Yves Saint Laurent à propos de sa découverte en 1967 de Marrakech, où il a acheté, puis réhabilité avec Pierre Bergé, le jardin Majorelle et la villa Oasis.

Dans le sillage de ses burnous couture, de ses soies légères comme un souffle qui semblent découpées dans le rose des bougainvillées ou le bleu profond des zelliges de Fès, l’atmosphère des souks et les nuances infinies des sables du désert inspirent de nouveau la mode. Une invitation au voyage, dans un concert de babouches perlées (Antik Batik), de sacs en cuir martelé (Kenzo, Fendi) et de caftans revisités (SportMax, Clements Ribeiro). Un désir d’évasion qui fait le succès de Marni, dont les tuniques de gaze légère, les pantalons de lin rayé ou les besaces cloutées, proches des modèles traditionnels des souks, étaient déjà en rupture de stock quelques jours après l’inauguration de la boutique de l’avenue Montaigne, en mars.

LIBERTÉ ET NONCHALANCE

Parmi les accessoires les plus photographiés du printemps, on trouve aussi le sac Tanger, une sorte de banane en cuir chocolat imaginée par Tom Ford pour Yves Saint Laurent Rive Gauche. Dans son numéro printemps-été 2002, le magazine Spruce- déclinaison "mode"du périodique londonien d’art de vivre WallPaper - va jusqu’à proposer le patron d’un caftan minimaliste, à réaliser soi-même.

"Il y a une forme de liberté dans le vêtement marocain, une nonchalance dans le mouvement du tissu et une élégance dans la simplicité", explique Giambattista Valli, à la tête du prêt-à-porter Emanuel Ungaro depuis 2001. Mélangeant des tons de désert et des pastels de jardin anglais, sa collection de l’hiver 2002-2003 cultive un Orient imaginaire, "une atmosphère un peu fanée avec des mousselines voilées, des cachemires feutrés, comme les djellabas décolorées par le soleil". Les références à l’excentrisme de Thalita Getty et au Marrakech d’Yves Saint Laurent, traitées avec sensualité, s’expriment dans ces gilets de mouton à passementerie ivoire, ces sacs berbères en cuir ouvragé, ces tresses de soie retenues par une boucle métallique en forme de croissant et ces paletots gansés d’or. Photographiée par Karen Collins, la prochaine campagne publicitaire de la marque a pour décor une casbah abandonnée aux portes de Marrakech.

A l’heure où le monde de la mode multiplie les séjours dans les riads confortablement rénovés de la Médina, certains affinent leurs envies au contact des artisans locaux. "J’ai découvert le Maroc en 1991, et j’ai tout de suite été séduite par la beauté du pays, les gens, l’architecture et les traditions, explique Valérie Barkowski. Toutes les couleurs sont vivantes et intenses : le ciel, les djellabas sur les peaux burinées, les sables, les paysages..." Créatrice d’une ligne de linge de maison à son nom et de vêtements sous la marque Mia Zia, elle vit et réalise une grande partie de ses collections à Marrakech avec des artisans du cru pour confectionner babouches et djellabas en éponge décorées des boutons ronds du caftan traditionnel, stylos Bic "Doulik" rhabillés de fils et de pompons de soie ou bijoux de passementerie (Le Monde daté 31 mars-1er avril).

"ETHNIQUE CHIC"

Surfant sur la vague "ethnique chic", Laurence Heller, ancienne rédactrice de mode, a lancé la marque Ethnikbazar en 2001. A côté de souvenirs rapportés de voyages, elle fait fabriquer au Maroc une ligne d’accessoires, de meubles et autres objets typiques des souks revus à sa façon : poufs retravaillés en banquette, tambours transformés en tables de nuit, sacs et cabas faits à partir de ceintures cloutées ou de tapis...

Encore peu connus à l’échelle internationale, à l’exception de Karim Tassi, installé à Paris depuis 1989, ou de Fayçal Amor - styliste de la marque Plein Sud -, les créateurs marocains ont bien l’intention d’exporter leurs réalisations, appuyés par un artisanat plus que millénaire, bien loin des tuniques des souks que les touristes détournent en chemise de nuit. C’est ainsi que, depuis 1996, le magazine Femmes du Marocorganise chaque année à Casablanca la manifestation "Caftan", destinée à présenter la diversité de la création locale autour de couturiers confirmés et de jeunes talents. Le défilé de clôture de l’édition 2002 (organisée du 19 au 26 avril) s’est doublé d’une œuvre humanitaire, les bénéfices de la soirée étant reversés au comité de soutien à la scolarisation des filles en milieu rural.

Souvent réduit à sa plus simple expression dans la mode occidentale, qui l’assimile à une tunique longue ouverte sur le devant, le caftan, ce vêtement traditionnel toujours porté dans les cérémonies, mobilise différentes corporations d’artisans, entre le kmiss, sorte de combinaison, la dfina, une tunique légère souvent brodée portée sur le caftan, ou les akkad, les petits boutons en fil de soie ou de satin que l’on compte par centaines. L’édition 2002 a présenté les travaux d’une quinzaine de créateurs, parmi lesquels Albert Oiknine, connu pour ses ceintures transformées en serre-taille pour "casser cette ligne droite" ou ses caftans aux allures de robes-sirènes. "La beauté du caftan, c’est la générosité du tissu. A travers les mouvements de l’étoffe, on suggère le corps", affirme Zhor Raïs, star locale, dont les modèles exigent parfois 14 mètres de tissu et huit mois de travail en atelier, pour des prix pouvant atteindre les 10 000 euros.

Si la plupart s’expriment dans une surenchère de perles, de paillettes et de tissus clinquants, de jeunes stylistes s’accordent plus au brassage d’influences de la mode du moment, comme Lahoucine Aït el Mahdi et ses caftans en denim associés à des bijoux ou à des motifs géométriques berbères. Nourredine Amir reproduit les nuances du henné sur des matériaux locaux comme le tissage bzioui ou le feutre traditionnel lebda. Devant le succès remporté par la manifestation, le magazine Femmes du Maroc devrait organiser un événement similaire consacré à la djellaba, dont la vocation moins démonstrative pourrait convertir de nouveaux adeptes.

Source : http://www.lemonde.fr

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