Mondial 2022 : quatre policiers jugés après les célébrations Maroc-France
Quatre agents de la BAC comparaissent ce lundi à Paris pour des violences commises en marge des célébrations du Mondial 2022. Leurs agissements ont été découverts par hasard grâce aux caméras de vidéosurveillance de la capitale.
Le 10 décembre 2022, la qualification du Maroc et de la France pour les demi-finales de la Coupe du monde attire une foule immense sur les Champs-Élysées. Si l’ambiance reste globalement festive, la soirée est tout de même marquée par une centaine d’interpellations dans la capitale. C’est en enquêtant sur un tir de flash-ball dénoncé par un citoyen que l’IGPN visionne les caméras de la ville et découvre, par hasard, le comportement agressif de quatre fonctionnaires en civil, casqués et porteurs d’un brassard.
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Les images dévoilent quatre scènes distinctes de violences aux abords de la rue François-Ier, révèle Le Parisien. Sans la moindre justification apparente, un piéton à l’allure sportive essuie un coup de matraque et un coup de pied, tandis qu’un autre jeune homme est victime d’un croche-pied avant d’être poussé dans le dos. Plus loin dans un embouteillage, un individu descendu du toit d’un véhicule se fait arracher sa cagoule et gazer, pendant qu’un autre passager est brutalement projeté au sol.
Une autre séquence montre un homme tentant d’interpeller un équipage de police en voiture pour désigner ces agents. Il reçoit immédiatement un jet de bombe lacrymogène et un coup de pied qui le laissent prostré en position fœtale sur la chaussée, sous le regard totalement passif des forces de l’ordre avant qu’un riverain ne lui porte secours. Son avocat, Me Gabriel Chiche, précise que la victime a vainement essayé de porter plainte à deux reprises le lendemain, avant d’être finalement retrouvée par la police des polices.
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Les mis en cause, âgés de 32 à 49 ans et affectés à la brigade anti-criminalité de nuit du huitième arrondissement, ont d’abord affirmé que leurs actes étaient nécessaires pour assurer leur intégrité physique. L’avocat de trois d’entre eux, Me Laurent-Franck Liénard, concède un usage disproportionné de la force assumé par ses clients, dicté selon lui par un fort sentiment de lassitude face aux débordements. L’un de ces policiers devra d’ailleurs répondre de violences et de falsification de procès-verbal lors d’une prochaine audience fixée au mois de juin.