Mort d’Aymen à Montpellier : le procès s’ouvre aujourd’hui
Le procès du Marocain accusé d’avoir mortellement percuté Aymen, un adolescent de 13 ans à Montpellier, après la demi-finale France-Maroc lors du Mondial Qatar 2022, va s’ouvrir ce mercredi devant la Cour criminelle de l’Hérault.
Le 14 décembre 2022, une centaine de supporters étaient descendus dans une rue du quartier de La Mosson, situé en périphérie de Montpellier, à l’issue de cette demi-finale remportée par la France (2-0). C’est lors de ces célébrations qu’Aymen avait été violemment percuté par William C., un jeune homme de 20 ans. L’adolescent a succombé à ses blessures après avoir été transporté d’urgence à l’hôpital, rappelle Sud Ouest. Son décès avait suscité une vive émotion à Montpellier où un millier de personnes avaient défilé, roses blanches à la main, pour lui rendre hommage.
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« C’est un dossier délicat, car il touche la mort d’un enfant », affirme Marc Gallix, l’avocat de la famille de la victime. Avant l’incident tragique, le conducteur « avait été chahuté par un groupe de jeunes qui avaient arraché un drapeau tricolore » accroché à l’une de ses portières, font savoir les enquêteurs. Il avait ensuite démarré en trombe, percutant des jeunes, dont Aymen, qui a rendu l’âme peu après. Un autre adolescent avait été blessé.
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Les enquêteurs réussissent à interpeller le chauffard douze jours plus tard, dans les Pyrénées-Orientales. Il a été mis en examen pour « violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et « violences volontaires avec arme ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ». Un membre de sa famille avait été mis en examen pour « soustraction d’un criminel à l’arrestation ou aux recherches ».
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La famille d’Aymen « n’est pas animée par un désir de vengeance. Elle souhaite que justice soit rendue. Elle espère aussi que l’auteur dise la vérité, ce qu’il n’a pas encore fait », déclare Me Gallix. De son côté, William C., qui aurait un réel « déficit cognitif », selon l’expertise psychologique, a assuré qu’il n’avait « pas voulu percuter les personnes […], qu’il n’avait pas pris conscience […] d’avoir blessé et encore moins d’avoir tué quelqu’un. » Selon son avocat, Jean-Baptiste Mousset, il subirait des violences en détention de la part de « personnes se revendiquant être proches de la victime. » Le procès de deux jours qui va s’ouvrir ce mercredi, permettra de faire la lumière sur cette affaire.