L’énigme des 80 000 euros : une dette pour un caïd du Maroc au cœur du procès en France
Une affaire complexe d’enlèvement, mêlant une mystérieuse dette de 80 000 euros, des voitures de luxe et un possible lien avec le Maroc, attend toujours son épilogue judiciaire en France. Plus de sept ans après les faits, le procès des sept prévenus a été renvoyé au 2 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Reims.
L’histoire débute le 4 octobre 2018 à Francfort, en Allemagne. Des hommes font irruption au domicile de Zayn (prénom d’emprunt) et le passent à tabac devant ses deux fils, avant de l’enlever, fait savoir France 3. Ils réclament une Mercedes et une dette de près de 80 000 euros. Les agresseurs, qui parlent français, emmènent Zayn dans une voiture et roulent toute la nuit.
Le lendemain, l’affaire rebondit à Reims. Zayn est retrouvé par la police dans une chambre d’hôtel, le visage tuméfié et un doigt blessé. Ses ravisseurs l’ont abandonné là, lui laissant une centaine d’euros pour rentrer en Allemagne.
Dette sur fond de trafic ou commissions impayées ?
La victime a d’abord expliqué aux enquêteurs avoir perdu connaissance et ne pas connaître ses agresseurs. Il a ensuite désigné le conducteur comme une connaissance de son frère. Le nom de Saïd R., un homme animé par une « volonté de vengeance », est rapidement évoqué. Zayn aurait appris par son frère que cet enlèvement visait à rembourser la dette d’un baron de la drogue établi au Maroc.
Les suspects ont été interpellés au fil des mois. Saïd R., se présentant de lui-même à la police, a contesté toute implication dans l’enlèvement. Il a reconnu un litige avec Zayn, mais d’ordre commercial : il l’accuse de ne pas lui avoir versé des commissions sur des ventes de véhicules, pour un montant équivalent à la fameuse dette de 800 000 dirhams.
Les sept prévenus, maintenus sous contrôle judiciaire, nient les faits d’enlèvement et assurent que Zayn les a suivis de son plein gré. L’affaire reste entourée de zones d’ombre, d’autant que la victime, Zayn, a disparu. Il ne s’est pas présenté à la confrontation organisée par le juge d’instruction, et son propre avocat assure ne plus avoir de ses nouvelles, laissant la justice face à un dossier sans plaignant.