Florian M., le policier auteur du tir sur Nahel, sort du silence : “Je vis dans la peur et la dépression
Le policier accusé d’avoir mortellement blessé le jeune Nahel Merzouk en juin 2023 est sorti de son silence. Pour la première fois, le brigadier-chef Florian M., 40 ans, s’est exprimé dans un entretien, évoquant sa situation personnelle, sa détention et sa réintégration, alors qu’il attend son procès aux assises.
Le policier décrit auprès d’Actu Police une situation psychologique difficile depuis sa remise en liberté. « Ça s’est dégradé, je suis passé par des crises d’angoisse », a-t-il témoigné. Il a expliqué être inquiet pour la sécurité de sa famille, qui fait toujours l’objet de menaces de mort. « Au bout de quelques mois, on m’a diagnostiqué une dépression sévère », a-t-il confié, précisant être suivi par un psychiatre et sous traitement médicamenteux.
Malgré cet état, il a été réintégré dans les services de police, dans une nouvelle affectation. « Cette réintégration était importante pour moi », a-t-il assuré, saluant un bon accueil de sa nouvelle hiérarchie et de ses collègues. « Je ne fais plus du tout le même travail qu’auparavant mais je fais de mon mieux ».
L’attente du procès après cinq mois de détention
Florian M. est dans l’attente de l’examen de son appel, après qu’une ordonnance de renvoi devant la cour d’assises a été émise. Le parquet a requis un procès pour meurtre. Cette procédure fait suite aux événements de juin 2023 à Nanterre, où Nahel, 17 ans, avait été tué par le tir du policier lors d’un refus d’obtempérer, déclenchant plusieurs nuits d’émeutes à travers la France.
Le policier a été incarcéré pendant cinq mois après les faits. Une période durant laquelle il s’est « focalisé » sur sa défense, faisant « beaucoup de sport et de lecture » pour tenir. Il décrit cependant une fin de détention éprouvante : « L’isolement devenait très pesant, au point que je me parlais à moi-même et tournais en rond ».