France : un adolescent séquestré, le commanditaire était au Maroc
Quatre hommes ont été condamnés pour l’enlèvement et la séquestration d’un adolescent de 14 ans. Cette expédition punitive visait à recouvrer une importante dette pour le compte d’un trafiquant de drogue présumé, alors installé au Maroc.
Fin juillet 2024, à Saint-Just, un garçon de 14 ans est forcé par des jeunes de monter dans un véhicule. Leur objectif : retrouver le frère aîné de la victime, redevable de 10 000 euros envers un individu résidant au Maroc. Faute de mettre la main sur le débiteur, les ravisseurs emmènent l’adolescent, le visage caché, dans un appartement de Châtillon-sur-Chalaronne. Frappé et séquestré, il est filmé à genoux en implorant : « Ils vont me tuer, paye ». Cette terrible vidéo est transférée au donneur d’ordres marocain, qui la renvoie directement au père de la victime avant que l’enfant ne soit relâché dans la nature.
Sur Bladi.net : Enlèvement en Isère : le cerveau du rapt était au Maroc
Les trois agresseurs et le commanditaire ont comparu le 13 mai devant le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse. Si les exécutants ont avoué les faits, l’instigateur de 25 ans, visé par une autre enquête de stupéfiants, a nié avoir ordonné l’enlèvement. Il a néanmoins reconnu avoir transmis les images, indique Le Progrès. À la barre, le père du jeune traumatisé a fustigé les prévenus : « Vous imaginez si un de vos proches avait été enlevé ? ». L’avocat de la partie civile a quant à lui rappelé que l’enfant avait subi un véritable « simulacre d’exécution ».
Sur Bladi.net : Trafic de données policières en France : un réseau piloté depuis le Maroc condamné
Confirmant que ce dossier est intrinsèquement lié au trafic, la procureure a réclamé de la prison ferme. À l’issue de l’audience, le créancier installé au Maroc, Huseyin Aksu, a écopé de la peine la plus lourde avec cinq ans d’emprisonnement. Ses complices, Smaïl Goujon, Chihed Bendjabou et Matis Pomeret, ont respectivement été condamnés à quatre ans (dont un avec sursis), trois ans (dont six mois avec sursis) et trois ans (dont vingt et un mois avec sursis). Poursuivies pour avoir prêté l’appartement et fourni des menottes, deux jeunes femmes ont été relaxées au bénéfice du doute.