Toulouse : extradé du Maroc, il contre-attaque
Un homme soupçonné de diriger le réseau de narcotrafiquants « Arai Farmers » a comparu à Toulouse. Son extradition depuis le Maroc se retrouve au centre d’une bataille procédurale, la défense contestant fermement la légalité du mandat d’arrêt.
Jugé mardi par le tribunal correctionnel de Toulouse pour la séquestration d’un individu nommé Adel entre le 25 et le 29 mai 2022, un homme de 28 ans prénommé Nicholas a vu son procès monopolisé par les conditions de son arrestation. L’accusé, présenté comme un leader du groupe criminel « Arai Farmers », a en effet été extradé du Maroc le 30 novembre 2024.
Sur Bladi.net : Maroc : du nouveau pour le procès du narcotrafiquant Oualid Sekkaki
Ses avocats parisiens, Maîtres Raphaël Chiche, Thomas Bidnic et Ravyn Issa, ont attaqué la procédure ayant mené à ce transfert depuis le territoire marocain. Le prévenu avait été condamné une première fois en son absence en mai 2024. Selon La Dépêche, la défense a qualifié ce mandat d’arrêt d’illégal. Maître Chiche a ainsi plaidé à la barre : « Le comportement ne permettait objectivement pas de considérer que Nicholas était en fuite. Le mandat est infondé ».
Ce point de droit a généré de multiples incidents d’audience avec le président de la juridiction, Didier Suc. Le refus du magistrat d’accepter une demande de comparution forcée de deux témoins a provoqué la colère des conseils de la défense. Maître Bidnic a vigoureusement dénoncé une « conception administrative de la défense », accusant le ministère public de « mettre des coups de canif à la Convention européenne des droits de l’Homme ».
Sur Bladi.net : Ali B : « Je suis devenu le symbole de MeToo malgré moi »
Le fond du dossier concernant la séquestration n’a été abordé qu’en fin de journée. Le prévenu a rejeté toute implication dans cette affaire, déclarant catégoriquement : « Je n’ai pas participé à cet enlèvement ! ». Il a simplement reconnu avoir déjà « joué au poker » avec la victime. Jugeant les faits établis, la procureure a requis sept années de prison. Le jugement sera rendu le 28 mai.