Ismaïl Alaoui raconte les dessous politiques du putsch avorté contre Hassan II

- 18h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

« Ismaïl Alaoui : La noblesse de la politique, un parcours de vie ». C’est le titre du livre de l’ancien secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), paru en février dernier. L’auteur y révèle certains secrets sur la tentative de coup d’État du général Mohamed Oufkir en 1972.

« Treize mois environ après le massacre sanglant de Skhirat, causé par la tentative de coup d’État de 1971, une autre tentative eut lieu le 16 août 1972 », raconte Moulay Ismaïl Alaoui dans son ouvrage, ajoutant que « c’était l’été, et ce jour-là, je me trouvais avec ma famille dans la maison de ma grand-mère, à la plage de Sidi Bouzid, dans la banlieue de la ville d’El Jadida ». L’auteur confie qu’il a « croisé le leader syndicaliste Mahjoub Ben Seddik, qui se promenait à vélo dans la station balnéaire. Je ne l’ai ni informé ni abordé – je suis par nature quelqu’un d’un peu réservé –, tout ce qu’il y a à dire, c’est que, avant même que la tentative de coup d’État ne me parvienne par Radio France Internationale (RFI), j’ai vu Ben Seddik, et lui non plus n’était au courant de rien, car il paraissait improbable que l’armée tente une seconde fois de renverser le régime. »

L’ancien secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS) souligne que « cette seconde tentative a révélé des liens politiques souterrains, formant une alliance entre certains éléments affiliés à la mouvance progressiste au Maroc, qui n’avaient pas l’intention de continuer leur engagement au sein des cadres politiques. Ils se sont donc alliés au général Mohamed Oufkir, lequel envisageait, en cas de succès, de s’emparer du pouvoir comme l’indiquent certains documents confidentiels, et de lancer une vaste opération de représailles contre tous les progressistes du Maroc ». À l’en croire, Oufkir prévoyait d’éliminer ou d’emprisonner près de « six mille personnalités politiques, militaires et d’autres figures de l’élite marocaine, dont des membres du PPS. S’il avait réussi, une catastrophe sans précédent se serait abattue sur le pays. »

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Alaoui a précisé que son oncle, le docteur Abdelkrim El Khatib avait informé Hassan II le 26 juillet 1972 du complot d’Oufkir. « Mais malheureusement, feu le roi n’a pas pris cette information avec le sérieux requis ». « Je me suis immédiatement rendu à la gare de Rabat, où le train royal était sur le point de partir pour Tanger, d’où la délégation royale devait embarquer à bord d’un navire à destination de la France. Je suis monté dans le wagon royal et ai demandé à rencontrer Sa Majesté le Roi. Lorsqu’il m’a reçu, je l’ai informé de ce qui m’avait été communiqué. Le roi a alors appelé Oufkir et lui a dit : “Viens, écoute ce que dit El Khatib.” », racontait El Khatib dans ses mémoires.

« Après la première tentative de coup d’État, nous n’imaginions pas que la situation s’améliorerait pour le Parti de la Libération et du Socialisme, tant qu’Oufkir était en place. Nous nous sommes réunis au sein du parti, et la décision fut de nous enfoncer davantage dans la clandestinité, jusqu’à ce que les choses deviennent plus claires », poursuit l’auteur, indiquant qu’après « l’échec de la seconde tentative de coup d’État, les cartes étaient sur la table. Le parti, à l’instar d’autres formations politiques, a envoyé un mémorandum au roi. À la suite de cela, le roi Hassan II a reçu individuellement les principaux responsables des partis marocains, parmi lesquels le camarade Ali Yata, lors de réunions qui semblaient être des confessions franches. Depuis ce moment, les choses ont changé pour Hassan II, qui a compris que le moyen le plus rapide de rétablir son autorité était d’apaiser les tensions avec le mouvement national, ce qui a mené à l’émergence de l’idée de libérer les provinces du Sud ».

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