Née en Espagne, elle n’a pas pu y être enterrée : à 20 ans, Intisar repose au Maroc

- 12h00 - Espagne - Ecrit par : Nadia El Aoudani

Pendant neuf jours, Redwan Karmoun a attendu de pouvoir enterrer sa fille Intisar, décédée à 20 ans à Madrid. Faute de place dans les espaces funéraires musulmans de la région, la famille a dû organiser son rapatriement jusqu’à Tétouan, au Maroc.

Le 6 avril 2026, Intisar est décédée à l’hôpital Ramón y Cajal de Madrid, après un arrêt cardiaque survenu à son domicile. Née en Espagne, où elle vivait avec sa famille, la jeune femme devait être enterrée selon les rites musulmans. Son père, Redwan Karmoun, 53 ans, a cherché une sépulture dans les deux espaces réservés aux musulmans de la région, à Griñón et au cimetière Sud de Carabanchel. Partout, la même réponse : aucune place disponible.

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Les pompes funèbres lui ont proposé deux solutions : un cimetière musulman à Burgos, où les restes auraient dû être déplacés après dix ans, ou un autre à Valence. Cette dernière possibilité était trop coûteuse pour la famille. Les parents ont finalement décidé de rapatrier leur fille au Maroc, raconte le quotidien espagnol El País.

Une semaine d’attente avant le départ vers le Maroc

Le rapatriement depuis l’aéroport de Madrid-Barajas représente une dépense d’environ 4 000 euros, contre un montant pouvant atteindre 4 850 euros pour un enterrement musulman dans la région madrilène. Mais au coût financier s’est ajoutée une attente particulièrement douloureuse.

Pendant une semaine, le corps d’Intisar est resté embaumé et conservé au froid en Espagne, le temps de terminer les formalités administratives. Son père raconte la difficulté de savoir sa fille dans une chambre froide. « Je ne le souhaite à personne », confie-t-il.

La dépouille a finalement été transportée par avion jusqu’à Casablanca, puis par la route vers Tétouan, où Intisar a été enterrée le 15 avril, neuf jours après son décès.

Cette situation touche de nombreuses familles musulmanes en Espagne. Selon un rapport de l’association Entierro Digno, seuls deux cimetières sur mille disposent d’espaces permettant des inhumations musulmanes. L’organisation en a recensé 44 dans tout le pays, dont seulement 14 avec des données vérifiables sur leur capacité.

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La pénurie de carrés musulmans, déjà dénoncée par des familles marocaines en Catalogne, complique les enterrements sur place. Les démarches de rapatriement vers le Maroc peuvent également prendre du temps, notamment lorsque les documents d’identité comportent des différences entre les deux pays ou nécessitent des traductions.