Des « nuits du ramadan » pour mettre l’islam en lumière

24 septembre 2006 - 08h13 - France - Ecrit par :

Alors que les musulmans commencent ce week-end leur mois de jeûne, mairies et associations multiplient les soirées de partage autour de véritables festins.
Les Musulmans de France seraient plus de 88% à suivre le mois du ramadan qui débute ce week-end. Selon un sondage de l’hebdomadaire La Vie, moins de la moitié de ces quatre millions de fidèles font les cinq prières par jour et 17% vont à la mosquée une fois par semaine. Le temps du ramadan, marqué par le jeûne et la prière et qui correspond au neuvième mois lunaire de l’année musulmane, est aussi un temps privilégié pour manifester une part de son identité culturelle.

Souvent confinées dans le cadre familial ou communautaire, les soirées de rupture du jeûne sont de plus en plus relayées par les municipalités et les associations laïques, qui organisent de nombreuses « nuits du ramadan » et autres « nuits du destin » ouvertes à tous. Objectif : mettre en valeur la culture musulmane.

5 000 personnes à Charlety

La ville de Paris est devenue emblématique. Depuis 2001, le maire, Bertrand Delanoë, organise chaque année une soirée du ramadan dans les salons de l’Hôtel de ville. Réservée à un petit millier de personnes, elle réunissait non seulement des musulmans, mais aussi toute sorte de représentants des sociétés civiles ou religieuses.

Cette année, le maire a vu plus grand encore et c’est au stade Charlety qu’il accueille le 30 septembre près de 5 000 personnes pour une sorte de festival-concert du ramadan. Hamou Bouakkaz, conseiller du maire pour les questions relatives au culte musulman, précise que cette fête est conçue comme « une approche laïque du ramadan, au confluent des cultures ». « Elle s’inscrit, dit-il, dans une série de mesures destinées à montrer aux musulmans qu’ils ont les mêmes droits et devoirs que les autres Parisiens. »

« Un temps de patience »

Fatéma Hal se moque bien, elle, des éventuelles récupérations politiques ou économiques qui tournent désormais autour du ramadan. Ce qui compte, « c’est de considérer ce mois comme un temps de partage et de patience, non pas d’interdits et de violence ». Ancienne conseillère d’Yvette Roudy au ministère des Droits des femmes et figure de proue de la cuisine marocaine en France, elle vient de publier un très beau livre sur la cuisine du ramadan*. « Dans les années 70, remarque-t-elle, le ramadan ne concernait que les vieux. Aujourd’hui, cette fête est suivie par toutes les générations et particulièrement par les jeunes. »

À Châlons-en-Champagne (Marne), Assia Grostefan profite, elle aussi, des soirées de rupture du jeûne pour favoriser les échanges. Pour la « nuit du destin », qui célèbre le don divin du Coran autour du 27e jour du ramadan, Assia, avec son « association culturelle France-Maroc », s’apprête à inviter « des femmes de tous les horizons politiques, sociaux ou religieux » pour « lever les peurs et les angoisses qui circulent en ce moment ». « Le climat n’est pas bon, explique cette mère de famille, les femmes doivent se mobiliser : ce sont elles qui transmettent les valeurs aux enfants. »

Sophie de Ravinel - Le Figaro

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : France - Ramadan 2024

Ces articles devraient vous intéresser :

Ramadan : Un mois de spiritualité… et de bagarres ?

Le Ramadan, mois sacré pour les musulmans, est synonyme de spiritualité et de partage. Mais au Maroc, il prend également une tournure plus sombre avec l’apparition d’un phénomène bien connu : la “Tramdena”. Ce terme désigne l’irritabilité et...

Ramadan 2023 : voici le programme de 2M

Dans le cadre des préparatifs du ramadan 2023, la deuxième chaîne de télévision nationale, 2M, a dévoilé le programme qu’elle propose aux téléspectateurs.

Début de Ramadan au Maroc : décision ce mercredi

Alors que la majorité des pays musulmans débutent officiellement le ramadan ce jeudi 23 mars 2023, les Marocains, eux, devront attendre ce soir la décision du ministère des Habous et des Affaires islamiques.

Chaâbane débute ce dimanche, le ramadan dans un mois

Le premier jour du mois de Chaâbane de l’année 1445 de l’hégire correspond au dimanche 11 février 2024, a annoncé samedi le ministère des Habous et des Affaires Islamiques dans un communiqué.

Ramadan 2023 : le Maroc envoie des imams en Europe

Afin d’assurer l’accompagnement et l’encadrement religieux des Marocains résidant à l’étranger (MRE), la Fondation Hassan II a annoncé l’envoi en Europe de 144 universitaires, prédicateurs et récitateurs du Coran durant tout le mois de Ramadan 2023.

Aïd al-Fitr au Maroc : jour de congé supplémentaire

Le gouvernement marocain a pris une mesure exceptionnelle en décidant d’accorder un jour de congé supplémentaire aux fonctionnaires de l’État à l’occasion de la fête de l’Aïd al-Fitr, qui devrait avoir lieu au Maroc le samedi 22 avril prochain.

Le Maroc débutera le ramadan le mardi 12 mars

Le mois de Ramadan débutera bel et bien mardi 12 mars 2024 au Maroc. Le ministère des Habous et des Affaires islamiques l’a annoncé ce dimanche 10 mars, après l’observation du croissant lunaire.

Voici la date du début du ramadan en France

Le Conseil Français du culte Musulman (CFCM) a annoncé il y a quelques jours la date du début du mois de ramadan en France, selon des critères adoptés en 2013.

Les Marocains vont-ils manquer de dattes pour le Ramadan ?

À quelques semaines du mois sacré de Ramadan, des doutes subsistent quant à la disponibilité des dattes en quantité suffisante et à des prix abordables.

Cheikh Mohammed Al Fizazi critique vivement la série de Mohamed Bassou

Le président de l’Association marocaine de la Paix et de la Transmission, Cheikh Mohammed Al Fizazi, a critiqué le comédien Mohammed Bassou pour sa série « Si Al Kala » diffusée sur sa page YouTube pendant ce mois de Ramadan, estimant qu’il ne fait que...