Ces numéros algériens qui guidaient les migrants jusqu’au Sebta
Des groupes WhatsApp administrés depuis des numéros algériens auraient diffusé des itinéraires, des horaires et des points de rendez-vous avant les entrées massives des 30 et 31 juillet à Ceuta. Un rapport espagnol évoque une campagne numérique ayant généré plus de 11 millions d’impacts potentiels.
Les appels à rejoindre Ceuta ne se limitaient pas à quelques vidéos devenues virales. Pendant plusieurs semaines, des informations précises auraient circulé sur les réseaux sociaux pour aider les candidats au départ à atteindre la frontière et le secteur du Tarajal.
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Les messages indiquaient les transports à emprunter, les horaires à privilégier, les lieux de rassemblement et les routes permettant de se rapprocher de l’enclave espagnole. Des mises à jour étaient également diffusées en fonction de la situation sur le terrain et de la présence des forces de sécurité.
Ces éléments figurent dans un rapport réalisé par Chema Gil, analyste espagnol spécialisé dans la sécurité, le renseignement et le terrorisme international. L’étude, consultée par La Razón, analyse les contenus publiés entre juin et le 1er août 2026 sur TikTok, Facebook, Instagram, X et WhatsApp.
Les enquêteurs affirment avoir identifié plusieurs groupes WhatsApp administrés depuis des numéros utilisant le préfixe international +213, attribué à l’Algérie. Ces groupes auraient servi à diffuser des informations pratiques pour rejoindre les environs de la digue du Tarajal.
Le rapport ne démontre toutefois aucune implication de l’État algérien. Il n’attribue pas non plus la campagne à une organisation unique. Le préfixe téléphonique permet seulement d’identifier les numéros employés pour administrer certains groupes, sans établir avec certitude qui les contrôlait.
Des comptes actifs dans plusieurs pays
Des profils particulièrement actifs ont aussi été repérés au Maroc, en Tunisie et en France. Des activités provenant des États-Unis sont également mentionnées. Certains comptes produisaient les vidéos, tandis que d’autres les republiaient sur plusieurs plateformes et groupes de messagerie.
Cette organisation décentralisée aurait permis à la mobilisation de se poursuivre malgré la suppression de certaines publications. Les contenus sont progressivement passés de messages généraux sur l’émigration à des consignes concrètes sur les déplacements, les lieux de concentration et le passage de la frontière.
Selon les auteurs de l’étude, la campagne aurait généré plus de onze millions d’impacts potentiels. Ce chiffre ne représente pas onze millions de personnes différentes. Il additionne notamment les vues des vidéos, les membres des groupes, les commentaires, les publications et les interactions enregistrées.
L’activité aurait fortement augmenté au début du mois de juillet, après la diffusion d’une décision du Tribunal suprême espagnol concernant les personnes arrivant à Ceuta par la mer. Elle aurait atteint son niveau maximal dans les jours précédant la Fête du Trône.
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Pour les auteurs du rapport, les entrées massives des 30 et 31 juillet ne peuvent donc pas être expliquées uniquement par ce qui s’est passé à la frontière. Bien avant l’arrivée des premiers groupes, une partie du chemin vers Ceuta se préparait déjà sur les téléphones.