Paléontologie : le Maroc perd son record du plus ancien chélicérate au profit de l’Utah
Des chercheurs d’Harvard ont découvert en Utah le fossile de Megachelicerax cousteaui, vieux de 500 millions d’années. Cette trouvaille publiée en mars 2026 détrône le record de précocité des chélicérates détenu jusqu’alors par le biote de Fezouata, au Maroc.
La découverte de ce prédateur marin bouleverse la chronologie de la biologie marine. Megachelicerax cousteaui possède en effet la plus ancienne « chélicère » (pince) jamais identifiée chez un arthropode. Selon Phys.org, cette caractéristique anatomique définit le groupe incluant aujourd’hui les araignées, les scorpions et les crabes fers à cheval, marquant une étape clé de l’évolution.
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Cette étude repousse l’histoire de ce groupe de 20 millions d’années. Jusqu’à présent, les spécimens les plus archaïques connus provenaient du biote de Fezouata, situé au Maroc, et dataient d’environ 480 millions d’années. Le nouveau fossile américain établit désormais l’origine de ces espèces dès le milieu du Cambrien, prouvant que leur blueprint anatomique était déjà émergent bien plus tôt que prévu.
L’analyse de l’animal révèle une complexité organique surprenante pour son époque. Le spécimen présente un bouclier céphalique et neuf segments corporels, avec des structures respiratoires similaires aux branchies des crabes fers à cheval actuels. Pour le chercheur Rudy Lerosey-Aubril de Phys.org, ce fossile montre que « l’anatomie des araignées et des crabes fers à cheval émergeait déjà il y a 500 millions d’années ».
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Le fossile a été baptisé en l’honneur de l’explorateur français Jacques-Yves Cousteau. Il démontre que des arthropodes sophistiqués habitaient déjà les océans peu après l’explosion cambrienne, une période d’innovation biologique rapide. Les scientifiques d’Harvard soulignent l’importance des collections muséales qui ont préservé ce spécimen depuis 1981, permettant aujourd’hui de réécrire l’origine de plus de 120 000 espèces vivantes.