Paris Mon Bled, brûlant d’actualité

- 20h15 - Maroc - Ecrit par :

Youssouf Amine Elalamy sort "Paris mon bled" aux Editions Eddif, le dernier-né d’une trilogie consacrée à l’immigration, à ses douleurs, ses dérives et ses tristes réalités. Un roman né d’une étude menée par l’auteur auprès de jeunes Marocains de la troisième génération.

Après "Un marocain à New York" et "Les Clandestins" Youssef Amine Elalamy récidive avec "Paris mon bled", croquis réaliste mais empreint d’humour et de poésie de la condition sociale des français d’origine maghrébine. On retrouve la griffe mordante mais lucide de l’auteur, à chaque détour de paragraphe, le même mélange d’esprit d’analyse, de légèreté et de profondeur. L’immigration, un thème récurent dans l’œuvre de Youssouf Amine Elalamy ? "Je crois qu’au delà de la problématique de l’immigration, je suis fasciné par ce phénomène de "l’entre deux", de la double culture, de l’impossibilité de se placer véritablement dans l’une ou l’autre, du brassage de cultures, de ce mariage mixte plus ou moins réussi... se défend l’auteur. "Les jeunes que j’ai observés étaient tous issus de la troisième génération, bien intégrés, avec des emplois stables., pourtant au fil des discussions, nombreux sont ceux qui avouèrent qu’ils avaient eu quelques démêlés avec la justice...

Ils se sentaient très français et pourtant on pressentait leur malaise quand on abordait leur coutumes culturelles ou religieuses... L’épisode de Moussa agonisant sur le bitume en soupirant le nom de sa mère, de sa ville et de son quartier est très significatif à cet égard. On ne remonte jamais aux origines d’un Français dont les grands-parents ont immigré de Pologne. Les gènes de Moussa sont inscrits sur ses traits, sur sa peau, ses yeux. Un millimètre d’épiderme qui rend son intégration ardue. "Paris, mon bled" c’est aussi l’univers beur, le rap, les fanfaronnades méridionales entre amis, le rebeu courant, la frustration affective, sexuelle, le sentiment de rejet. Pour Abdelkhalek, au physique jugé ingrat, à cause de ses boucles frisées et de sa peau basanée, la seule échappatoire reste le rêve, la mythomanie et la bravache. Il plante la scène dès la première phrase du roman "Paris c’est mon bled", répond-il à ceux qui le renvoient au pays d’origine de ses ancêtres.

"Paris mon bled", profile l’actualité menaçante qui prévaut actuellement en France. "Je ne l’ai vraiment pas fait exprès s’explique Youssouf Amine Elalamy, "Mon livre tombe à point nommé, c’est vrai mais je pense qu’il faut éviter de grossir le phénomène Lepen. J’estime qu’il s’agissait dimanche 21 avril d’un vote sanction. De plus, le résultat des suffrages, découle directement de l’éparpillement des votes de gauche...Il s’agissait aussi de conséquences conjoncturelles. Depuis le 11 septembre, les Arabes et les Musulmans ont mauvaise presse. L’association arabe-terroriste devient monnaie courante. Derrière chaque Arabe se dessine un Benladen potentiel. La montée de l’insécurité exacerbe le malaise social. Lepen véhicule l’image d’une France forte, unie, ce qui protège et sécurise les anti Arabes, anti-Euro de tout bord... Un livre vrai, actuel. Une part d’autobiographie sans doute ? "Pas exactement. j’ai toujours vécu au Maroc, sauf pendant les trois ans où j’ai habité à New York, mais je ressens très intensément la problématique de "l’entre deux" de "l’interculturel"... C’est vrai que mes trois romans sont tous écrits à la première personne, mais je pense que la page est tournée. La trilogie est bouclée. J’entame un quatrième roman qui ne concerne en rien le thème qui m’a préoccupé.... Motus et bouche cousue.

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  • Extrémisme berbère, appel à la guerre civile ?

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  • Quelle représentation pour les RME ?

    Parmi les textes actuellement en discussion au parlement, un projet de loi organique relative à la chambre des Conseillers. Lors de son passage en commission, des voies se sont élevées pour demander aux résidents marocain à l'étranger (RME) le droit de voter pour leur représentants à la Chambre des conseillers. Un vœu qu'il faut avoir le courage de sortir d'un sentimentalisme démagogique. Pour s'interroger, sans passion et en toute objectivité, sur l'opportunité ou l'inutilité d'une telle proposition.

  • L'appel du large des jeunes Marocains !

    Un jour, ils en ont eu assez de compter les disparus autour d'eux. Dans les maisons voisines et dans leurs familles, les absents étaient de plus en plus nombreux. Alors, l'été dernier, ils se sont rassemblés et ont créé l'Association des amis et familles des victimes de l'immigration clandestine (Afvic). Ils sont basés à Khouribga, leur ville natale, au centre-ouest du Maroc, à 130 km de Casablanca. Entre décompte macabre et aide aux familles, ils font, chaque jour, un travail de démystification pour lutter contre l'immigration clandestine. Car la jeunesse marocaine d'aujourd'hui n'a qu'une idée en tête : partir. Immigrer est devenu une obsession nationale.

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