Début du procès des attentats de Casablanca à Paris

5 juin 2007 - 00h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Huit hommes comparaissent à partir de lundi pour avoir apporté un soutien logistique et financier aux auteurs des attentats qui avaient fait 45 morts en mai 2003.

Huit hommes comparaissent à partir de lundi 4 juin devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir apporté un soutien logistique et financier aux auteurs des attentats de Casablanca qui avaient fait 45 morts, parmi lesquels 12 kamikazes, en mai 2003.

Tous poursuivis pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et, pour certains d’entre eux, pour "financement du terrorisme", les prévenus encourent jusqu’à dix années d’emprisonnement.

L’interpellation des suspects en avril 2004 avait été présentée comme "l’aboutissement d’une longue enquête conduite (...) dans les milieux proches du Groupe islamique combattant marocain (GICM)".

Selon l’accusation, "force est de constater que nonobstant leur situation sociale, les membres de la cellule française constituaient un groupe cohérent agissant en relation avec les buts terroristes poursuivis par le GICM".

Afghanistan

La plupart des prévenus ont ainsi été en relation directe avec Nourredine Nafia, un des chefs du GICM condamné à vingt ans de réclusion pour les attentats de Casablanca et détenu au Maroc.

Parmi ces hommes, figure notamment le chef présumé de la cellule française, Moustapha Baouchi. De nationalité marocaine, Moustapha Baouchi, qui s’est rendu à plusieurs reprises dans des camps d’entraînement militaire en Afghanistan, était au moment de son arrestation en situation régulière en France.

Il a reconnu au cours de l’enquête appartenir à un groupe terroriste composé de combattants marocains constitué en Afghanistan par des vétérans de la guerre d’Afghanistan. Pour l’accusation, Baouchi était un des membres de la commission militaire du GICM envoyé en France pour y coordonner les activités de la cellule, assurer le transport de fonds vers la structure centrale du GICM et coordonner l’exfiltration de certains auteurs des attentats de Casablanca.

Epicerie des Yvelines

Les sept autres prévenus sont Bachir Ghoumid, Fouad Charouali, Redouane Aberbri, Rachid Aït El Hadj, Hassan Boutani, Jamal Oulahsen et un Français d’origine turque Attila Turk. Cinq d’entre-eux étaient associés dans une épicerie des Yvelines dont les bénéfices auraient servi au financement du GICM. Charouali a déclaré aux enquêteurs qu’ils formaient "une cellule dormante en attente de la guerre".

Le GICM a revendiqué les attentats de Casablanca perpétrés le 16 mai 2003 contre un hôtel international, le cimetière juif de l’ancienne médina, un restaurant italien dirigé par un juif marocain, le Cercle de l’Alliance israélite et la "Casa Espana", un restaurant associatif jouxtant une antenne de l’ambassade d’Espagne.

Trois Français tués

Quarante-cinq personnes, dont trois Français, ont été tuées et plusieurs dizaines d’autres blessées dans ces attaques simultanées.

Le 19 mai 2003, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire notamment pour "assassinats, complicité d’assassinats, tentative d’assassinats" et "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Finalement les juges d’instruction n’ont retenu que des délits, et pas de crime, à l’encontre des suspects en France.

Le procès doit durer jusqu’au 20 juin à raison de trois audiences par semaine, les lundi, mardi et mercredi après-midi.

AP

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Paris - Casablanca - Terrorisme - Attentats de Casablanca

Ces articles devraient vous intéresser :

Décès de Malika El Aroud, « La Veuve noire du Jihad »

Malika El Aroud, condamnée pour terrorisme en 2008, est décédée à l’âge de 64 ans. Cette femme, qui avait la double nationalité belge et marocaine, avait été déchue de sa nationalité belge en 2017 pour avoir « gravement manqué à ses devoirs de...

Le Maroc, bon élève en matière de lutte antiterroriste

Le Maroc affiche l’un des niveaux de sécurité antiterroriste les plus élevés au monde. Avec un score de 0,757, le royaume est classé 83ᵉ dans la catégorie des pays les plus épargnés des actes terroristes, selon l’édition 2023 de l’Indice mondial du...

Projet d’attentat déjoué au Maroc : Treize individus arrêtés par le BCIJ

Treize personnes ont été arrêtées par le Bureau Central d’Investigations Judiciaires (BCIJ), jeudi dernier. Soupçonnés d’être partisans de l’organisation terroriste « État islamique », les individus ont été arrêtés lors d’opérations menées dans...

Blanchiment d’argent : Le Maroc serre la vis et ça paye

La lutte contre les activités de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme connaît des progrès significatifs au Maroc. En témoigne le nombre de déclarations de soupçon reçues par l’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF) en...

Terrorisme au Maroc : une lutte permanente depuis 2003

L’extrémisme islamiste au Maroc a été marqué par cinq moments forts, dont notamment les attentats de Casablanca en 2003 et 2007, le printemps arabe en 2011, et la création de l’État islamique (EI) en 2014. Pour lutter contre le phénomène, les autorités...

Latifa Ibn Ziaten : « Les jeunes ne sont pas nés terroristes, mais on les pousse à l’être »

Depuis 2012, la militante franco-marocaine Latifa Ibn Ziaten, mère du maréchal des logis-chef Imad, une des victimes du terroriste Mohammed Merah, travaille avec les familles et les communautés pour empêcher les jeunes de tomber dans le piège de...

Au Maroc, la lutte contre le blanchiment d’argent rapporte

Le Maroc mène efficacement la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. En tout, près de 11 milliards de dirhams ont été saisis en 2022.

Maroc : l’agent immobilier associé à la lutte contre le blanchiment d’argent

Le Maroc veut impliquer la profession de l’agent immobilier dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Mais sa réglementation s’avère avant tout urgente.

Une cellule préparant des attentats au Maroc démantelée

Le Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), se basant sur des informations fournies par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a annoncé le démantèlement d’une cellule terroriste liée à l’organisation Daech. Cette...

Latifa Ibn Ziaten : « J’ai réussi à sauver beaucoup de jeunes, de familles… »

11 ans après l’assassinat de son fils, le maréchal des logis-chef Imad, une des victimes du terroriste Mohammed Merah, la militante franco-marocaine Latifa Ibn Ziaten poursuit son combat pour la paix et la promotion du dialogue et du respect mutuel.