Son propriétaire veut l’expulser, ses messages WhatsApp le sauvent

- 18h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

Un commerçant de Casablanca risquait de perdre son local pour six mois de loyer. Les messages conservés sur le téléphone de sa fille ont finalement démontré qu’il avait tenté de payer et permis l’annulation de son expulsion.

La société propriétaire réclamait 9 072 dirhams au locataire, correspondant à six mensualités de 1 512 dirhams entre janvier et juin 2024.

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Après un avertissement resté sans règlement dans le délai prévu, le tribunal commercial de Casablanca avait ordonné l’expulsion du commerçant le 26 décembre 2024. Il l’avait également condamné à verser 1 500 dirhams pour retard de paiement.

Mais le téléphone de sa fille contenait une autre version de l’affaire.

Le locataire affirmait avoir déjà réglé les trois premiers mois. Pour avril, mai et juin, sa fille avait contacté sur WhatsApp le représentant de la propriétaire afin de lui remettre un chèque daté du 5 juillet 2024.

Les messages demandaient un rendez-vous pour échanger le chèque contre les quittances. Le commerçant expliquait que le représentant venait habituellement récupérer les loyers directement dans son local, mais qu’il avait cessé de se présenter.

WhatsApp ne suffisait pas à lui seul

Le locataire ne s’était pas contenté de montrer son téléphone au tribunal. Une commissaire de justice avait examiné l’appareil et établi un procès-verbal constatant les échanges.

Le chèque proposé et les déclarations de deux témoins confirmaient également ses tentatives de paiement.

La cour d’appel commerciale de Casablanca a considéré que ces éléments démontraient sa bonne foi. Les échanges WhatsApp pouvaient constituer une présomption judiciaire lorsqu’ils étaient confortés par d’autres preuves, selon la décision publiée par Jurisprudence.ma.

Le 3 juillet 2025, la cour a donc annulé l’expulsion et rejeté la demande de la propriétaire.

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La décision ne signifie pas qu’une simple capture d’écran protège automatiquement un locataire. Dans ce dossier, les messages correspondaient aux dates, au chèque et aux témoignages, et leur existence avait été constatée officiellement.