Elle quitte son appartement pour soigner ses parents : six ans plus tard, le bailleur veut l’expulser

- 16h00 - Monde - Ecrit par : Mohamed A.

À Amsterdam, une femme d’origine marocaine a renoncé à son logement en 2019 pour s’occuper de ses parents malades. Après leur décès, le bailleur social réclame son départ sous trente jours. Le tribunal vient de reconnaître la réalité de leur vie commune.

En novembre 2018, les deux parents tombent gravement malades. Son père, désormais en fauteuil roulant, a besoin d’aide au quotidien. Le 17 juin 2019, leur fille résilie son propre bail et retourne vivre dans l’appartement familial, loué depuis 1998.

Elle prépare les repas, fait les courses, donne les médicaments et accompagne ses parents à l’hôpital. Ils partagent aussi leurs dépenses et leurs loisirs, jusqu’à des vacances au Maroc. Le père meurt le 25 février 2020. La fille reste auprès de sa mère.

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En mars 2025, celle-ci apprend que sa maladie est incurable. Le 27 juin, elle demande au bailleur Stadgenoot d’ajouter sa fille au contrat de location. Refus. Un mois plus tard, le 27 juillet, elle décède.

Un logement trop grand, selon le bailleur

La fille et son jeune frère demandent à conserver le bail. Stadgenoot s’y oppose : le logement social compte au moins quatre chambres et dépasse 70 m². Selon l’organisme, il est réservé aux ménages avec au moins trois enfants mineurs. Il exige une expulsion sous trente jours et réclame 650,06 euros par mois jusqu’au départ.

La femme saisit la justice. Elle explique que revenir chez ses parents allait de soi dans sa famille d’origine marocaine. Elle produit des témoignages, des photos et des relevés bancaires : mère et fille payaient toutes deux des factures, le loyer et les courses.

Le 4 septembre 2026, le tribunal d’Amsterdam reconnaît qu’elles formaient un foyer durable. Pour le juge, les soins prodigués pendant six ans renforcent cette conclusion.

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Reste un obstacle : l’autorisation municipale de logement. La fille dispose d’un accord de principe, mais Stadgenoot conteste son éligibilité. Le tribunal demande au bailleur de répondre sur les règles applicables avant de statuer sur la poursuite du bail et la demande d’expulsion.