Casablanca perce dans le jeu vidéo grâce au coup du lapin

- 10h46 - Maroc - Ecrit par : L.A

Sorti à l’occasion des fêtes de Noël, Rayman contre les lapins encore plus crétins, jeu vidéo grand public d’Ubisoft, vient d’être conçu et réalisé de A à Z à Casablanca, dans l’unique studio d’édition de jeu vidéo du monde arabe. Une première pour cette filiale d’un des leaders mondiaux des jeux vidéo cantonnée jusque-là à la création de personnages secondaires. « Tout l’enjeu pour nous a été de mettre en scène un lapin qui se prend pour un humain dans des situations jugées stupides ou comiques par des joueurs américains ou français », s’amuse Younes, à peine trentenaire et déjà responsable d’équipe.

Durant neuf mois, ce directeur artistique et la quinzaine d’ingénieurs et graphistes chargés des Lapins crétins ont planché sur un jeu devant distraire un public parfois à mille lieux de la culture dans laquelle ils ont grandi. « Nous avons tous été à l’école publique marocaine où balancer des choses à la tête du prof derrière son dos est quelque chose de presque normal. On a essayé une scène de ce genre avec notre lapin, mais quand on l’a testé aux Etats-Unis et en France, ça n’a fait rire personne et ils ont même trouvé cela trop violent. » Pour Mehdi, un des concepteurs du jeu, la nationalité n’a pas été un problème. « Dans le monde du jeu vidéo, ce qui compte ce n’est pas d’où tu viens, mais ton bagage en jeu vidéo, c’est avec cela que l’on se mesure entre game designer. » Un bac science pour tout bagage, Mehdi a vingt ans de mangas et de jeux vidéo derrière lui. « Quand j’étais ado au Maroc, les passionnés de jeu formaient une petite communauté. On se rencontrait via les annonces des journaux spécialisés distribués en France. Il y avait toujours un oncle ou un cousin pour nous les ramener au Maroc. »

En 1998, Ubisoft, décide d’ouvrir un bureau à Casablanca pour deux raisons : la qualité des ingénieurs informatiques et l’intuition qu’une partie de la jeunesse marocaine était imprégnée de culture pop. Neuf ans plus tard, le studio, avec ses 70 salariés, est devenu un pôle de création malgré l’absence d’école de formation solide en art graphique. Alors ici, on a appris sur le tas, en absorbant les expériences des expatriés d’Ubisoft.

Pendant ce temps-là, Younes est passé à une seconde étape, une formation en japonais sur Internet. Sa fierté : la banderole accrochée au-dessus de son bureau avec inscrit en caractère japonais « Courage les petits lapins » et dessinée au pinceau réservé, jusque-là, à la calligraphie arabe.

Libération.fr - Nadia Hachimi Alaoui

  • Ubisoft créer la première école de jeu vidéo au Maroc

    Trois en un. Marocains, Canadiens et Français lancent le Campus Ubisoft. Première école de formation pour jeu vidéo au Maroc. C'est la société du même nom qui compte parmi les plus gros éditeurs mondiaux d'animation 3D qui chapeaute le projet. Elle est installée à Casablanca depuis 1998 et compte 65 salariés. Ubisoft, lors de son 10e anniversaire, avait même annoncé de passer à 200 développeurs d'ici trois ans. Le lancement de Campus Ubisoft confirme cette stratégie : une matière grise locale performante à un coût concurrentiel (formation et salaires).

  • La petite saga des jeux vidéo

    La saga de la 3D et des jeux vidéo ne fait que commencer au Maroc. A l'origine de ce mouvement, la vulgarisation du Net, mais aussi et surtout l'implantation de l'éditeur de logiciels et jeux interactifs, Ubisoft, qui a permis l'émergence de ce nouveau type de profils sur le marché.

  • Ubisoft Maroc fait du cinéma pour Disney

    Disney a démarré à Ouarzazate la production d'un film à gros budget basé sur le jeu vidéo d'Ubisoft « Prince of Persia et les sables du temps ». C'est l'équipe d'Ubisoft Maroc qui a réalisé la conception et la pré-production du dernier opus de Prince of Persia « Les deux trônes ».

  • Le dernier Rayman 100% Marocain

    Joli coup d'Ubisoft pour marquer ses dix ans d'implantation au Maroc. Cet opérateur de l'industrie de divertissement vient de lancer un jeu vidéo créé à 100% par une équipe marocaine. Il a fallu « neuf mois et 16,5 millions DH pour le concevoir », précise le chef de projet, Houssem Belkhouja. C'est le budget minimum. Le coût de production d'un jeu vidéo peut « atteindre les 220 millions DH et exige en moyenne un an de travail », souligne pour sa part le DG d'Ubisoft Maroc, Cyril Vermeil.

  • Ubisoft lance deux jeux vidéo entièrement produits au Maroc

    L'éditeur de jeux vidéo Ubisoft présentera, lundi 1er septembre, deux jeux développés à 100% au Maroc. C'est la première fois que l'éditeur a fait confiance à son studio local pour développer intégralement un jeu. Mieux, il s'agit de deux licences phares de l'éditeur, à savoir « Prince of Persia 3 » et « Rayman raving rabbits », qui seront lancés sur le marché durant la période de Noël. Ces jeux ont nécessité respectivement 9 et 18 mois de développement et deux équipes de 40 personnes chacune.

  • Amine Minka, talent prometteur de la nouvelle scène

    A peine âgé de 18 ans, Amine Minka est aujourd'hui l'un des talentueux jeunes musiciens de la scène du Hip Hop marocain. Une expérience couronnée de succès au sein du groupe « Style Souss ». Jeune musicien de la nouvelle scène musicale, Amine Minka est une figure musicale imposante de la « movida » marocaine. Traversé par une passion fugace pour la musique et un engagement où se mêlent les rythmes du rap aux maux de la société, ce jeune musicien de 18 ans se laisse porter par les vagues de la création musicale dans une quête incessante d'un engagement qui se veut à la fois artistique et sociétal.

  • Le plus ancien conservatoire d'Afrique va être rénové à Casablanca

    Le plus ancien conservatoire de musique d'Afrique, qui se trouve à Casablanca, va être rénové par une association américaine qui le dotera d'un studio d'enregistrement et de matériel de haute technologie.

  • Rachid Jadir, génie marocain de l'animation 3D

    Deux jeunes désoeuvrés, adossés contre un mur, passent le temps comme ils peuvent. Le premier sirote une bière en triturant un poste radio, pendant que le second scrute l'horizon. Une jeune fille, déambulant dans leur champ de vision, vient les tirer de leur léthargie. L'un des comparses tente d'approcher la demoiselle, qui ignore superbement ses avances. Mauvais perdant, le prétendant éconduit lui adresse quelques “gentillesses”, auxquelles la jeune fille répond par une baffe sèche, avant de faire un saut à la Matrix… et de lui crever un œil.

  • Le Maroc, royaume de l'aéronautique low-cost

    « Il faut savoir ne pas être franchouillard et suivre le mouvement. » Dans un restaurant chic de Casablanca, Jean-Paul Remezy, vingt ans de sous-traitance aéronautique derrière lui, fête avec deux proches collaborateurs la création de sa société marocaine. Lundi 3 décembre, Mohican est né.

  • Ubisoft quitte le Maroc

    Le campus Ubisoft, ouvert en octobre 2008 à Casablanca, a fermé définitivement ses portes le 10 avril dernier.