Redouan Beniaz, l’autre Baz

- 20h59 - Maroc - Ecrit par : L.A

Attablé dans un petit restaurant de Casablanca, Redouane Beniaz disserte avec son voisin de table. Déformation professionnelle oblige, entre deux bouchées de pizza, le jeune homme âgé de 35 ans ne peut s’empêcher de lancer quelques blagues. “Au final, je ne m’arrête jamais de travailler”, plaisante-t-il. Borsalino vissé sur le crâne à la Frank Sinatra, redingote noire, ce grand gaillard frôlant les deux
mètres aurait pu être basketteur dans une autre vie. “Regardez-moi ce géant chauve. À croire que c’est lui mon géniteur”, dit de lui son père, Houcine Beniaz, alias Baz, le vétéran humoriste.

Redouane Beniaz est un enfant de la balle. Le seul de ses cinq frères et soeurs à perpétuer la profession d’un père qu’on ne présente plus. C’est d’ailleurs avec lui qu’il fait ses premiers pas sur la scène. En tant que simple spectateur d’abord : “Depuis mon jeune âge, j’accompagnais mon père lors de ses tournées. Mais je n’avais pas le droit d’assister aux répétitions. Je voyais seulement le résultat final”, se souvient ce passionné de Charlie Chaplin. “C’est un génie, hier encore, j’ai acheté deux DVD du Dictateur”, lance-t-il, le regard émerveillé. Côté Maroc, Redouan est (on s’en doute) un inconditionnel de Baz, mais aussi de son ex-acolyte, Ahmed Snoussi, alias Bziz.

Au début des années 80, alors qu’il vient de souffler sa dix-septième bougie, Baz junior s’envole pour les Etats-Unis. Ses rêves (américains) laissent rapidement place à des réalités plus terre-à-terre. Sur place, l’adolescent peine à joindre les deux bouts : il est tantôt plongeur, tantôt électricien ou laveur de voitures. “J’ai même acheminé les morts dans une limousine, se souvient-il. Mais c’était la seule manière de survivre, enchaîner les petits boulots”. Et les mariages. “Trois pour être précis. Mais c’était de vraies histoires d’amour”, tient à préciser l’humoriste, aussi romantique que fauché : “Je me souviens avoir emprunté des fleurs dans un cimetière pour la Saint Valentin. Je n’avais pas les moyens d’offrir autre chose à ma fiancée”.

Chassez le naturel…

Mais on n’échappe pas à son destin. Début 2000, alors qu’il réside à Los Angeles, Redouan décide de suivre des cours de théâtre dans une école de Hollywood. Pendant 18 mois, il travaille de nuit et assiste aux cours pendant la journée. Il parvient à décrocher des petits rôles, la plupart du temps en tant que figurant. “Cela me rapportait 50 dollars par jours, ce qui n’était pas de trop”. Son meilleur souvenir ? “J’ai été la doublure de George Clooney dans Syriana”, se remémore-il, pas peu fier. Parallèlement, il s’essaie à la scène. “C’était dans les cafés, je faisais du Stand up. C’est une bonne discipline, car on avait 15 minutes pour séduire le public”.

Au final, Redouan Beniaz passera 13 années au Etats-Unis, avant de rentrer (définitivement) au pays. La nostalgie peut-être ? “Oui, mais pas seulement. Après les évènements du 11 septembre, les Américains n’étaient pas tendres avec tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un arabe. Et puis, à dire vrai, je commençais à stagner professionnellement au Etats-Unis”.

De retour au bercail, il s’évertue à accompagner son père lors de ses tournées. De scène en scène, de spectacle en spectacle, il renoue avec les joies de son enfance. Un beau jour, alors qu’il ne s’y attend pas, son père le lance dans le bain. “Mon père m’a pris par surprise : j’étais dans les coulisses quand il m’a appelé et m’a demandé devant tout le public de me produire”. L’examen du fils est concluant : le public l’ovationne.

Mais les salles combles ne sont pas encore d’actualité. Aujourd’hui, le plus jeune des Beniaz se fait (encore) la main et continue à tenir un commerce de vente d’objets en cristal. Une phase transitoire selon Redouan. Prochain objectif ? Réaliser un duo avec son père Baz. Un rêve d’enfance, qui sera bientôt réalité.

Source : TelQuel - Youssef Ziraoui

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