Sophia Aram en tournée au Maroc

- 17h11 - Maroc - Ecrit par : L.A

Grâce à son humour noir et décalé, Sophia Aram est devenue avec son premier one-man-show une humoriste à part entière. Elle finit ses représentations parisiennes aujourd’hui et décolle pour le Maroc ou elle donnera six représentations. Sophia Aram revient sur son ascension fulgurante.

C’est votre premier one-woman-show. Avant d’arriver au Trévise, vous vous produisiez dans une petite salle. Comment avez-vous vécu ce changement ?

Je ne réalise pas qu’autant de personnes viennent me voir tous les soirs. Il m’est arrivé à mes débuts de ne pas remplir mes salles. Aujourd’hui, elles sont combles. Je prends ça comme un cadeau. Ça me fait drôle de repenser à mes débuts. A l’époque, j’appelais mes copains pour qu’ils remplissent la salle lorsqu’il y avait des journalistes. Il m’est aussi arrivé de me produire devant trois personnes.

Pourquoi choisir pour sujets l’école et le suicide alors que de nombreuses personnes les ont déjà exploités ?

Ce qui m’intéressait, c’était la cellule de crise de soutien psychologique qui pouvait s’instaurer dans un établissement au moment d’un suicide. C’est quelque chose de nouveau. Je voulais montrer les différentes réactions que pouvaient avoir professeurs, parents d’élèves, élèves…

Vous avez été surveillante de collège pendant quatre ans. Est-ce cette expérience qui vous a inspirée ?

C’est avant tout mon expérience de maman d’élève qui m’a inspirée. Je pense avoir un regard plutôt tendre sur les enseignants. Quand j’étais pionne, je regardais les enseignants avec admiration, car j’étais dans un collège difficile. Lorsque mon fils a eu l’âge d’aller à l’école, j’ai découvert un autre pan du décor. On quittait la banlieue difficile pour arriver dans une banlieue plutôt bourgeoise. Les parents étaient beaucoup plus investis.

Avant de vous produire sur scène, vous accueillez les gens dans la salle, pourquoi ?

J’ai envie de créer le contact avec les gens avant qu’ils voient mon spectacle. Ce qui est drôle, c’est que des gens me proposent de l’argent parce qu’ils me prennent pour une ouvreuse (rire). Il m’arrive aussi de me faire engueuler. Parfois je me suis entendu dire « Ça fait une heure qu’on t’attend »…

Sur scène vous multipliez les personnages, au point de prendre des accents et des faciès différents à chaque fois. Comment s’opèrent ces transformations ?

Tout naturellement. Je m’investis pleinement dans chaque rôle. La gestuelle et l’émotion viennent de manière naturelle. Je n’ai jamais travaillé le faciès, il vient de lui-même.

Pensez-vous déjà à votre prochain spectacle ?

Je réfléchis à des thèmes. Traiter de la religion m’intéresse. Mais mon but n’est pas de choquer qui que ce soit.

Vous interdisez-vous certains thèmes ?

Oui, tout ce qui peut blesser les gens. Lorsque je parle de la mort, je ne ris pas du suicide mais des réactions des gens. Dans le spectacle je dis : « Heureusement qu’elle n’avait pas de gamin, ça aurait fait des orphelins. » C’est quelque chose que j’ai déjà entendu à un enterrement, c’est tellement aberrant !

Vous arrêtez ce soir vos représentations parisiennes…

Je pars pour le Maroc jouer six dates. J’ai ensuite des dates en province. Je serai au Festival d’Avignon en juillet et reviens au mois de septembre au Trévise jusqu’à fin décembre.

Source : France Soir - Ingrid Bernard

  • Sophia Aram en tournée en France

    Sophia Aram, humoriste franco-marocaine, sera en tournée en France du 28 août au 28 novembre prochain avec son one women show "Du plomb dans la tête".

  • L'humoriste Sophia Aram au théâtre parisien "Trévise" jusqu'à fin mars

    L'humoriste marocaine Sophia Aram, formée à l'improvisation avec Jamel Debbouze, se produit au théâtre parisien "Trévise" jusqu'à fin mars avec son one woman show "Du plomb dans la tête".

  • "Crise de foi", nouveau spectacle de Sophia Aram

    La comédienne franco-marocaine, Sophia Aram, revient sur scène avec son tout nouveau spectacle "Crise de foi".

  • Sophia Aram à l'école de l'humour noir

    Un culot monstre mais pas d'ego. Telles sont, à l'évidence, les qualités de Sophia Aram, survoltée sur scène, posée dans la vie. "Elle peut dîner avec des gens et ne jamais glisser qu'elle est comédienne. Elle s'efface", observe Benoît Cambillard, son compagnon et le coauteur de son one-woman-show Du plomb dans la tête. Le premier d'une humoriste de 34 ans qui a, longtemps, jugé "immodeste" de se lancer dans une carrière artistique. Trop tard. Il faudra désormais compter sur elle.

  • Miz fait son show à Casablanca

    La famille des humoristes marocains s'agrandit. Miz, nouveau venu sur la scène, présentera la première de son spectacle intitulé « L'entracte », le 27 mars au Mégarama de Casablanca. La vocation de ce jeune humoriste s'est révélée très tôt, puisqu'il a toujours été le boute-en-train de la famille, le fournisseur de blagues. « L'humour est une qualité intrinsèque du Marocain. Tout le monde peut être comique, mais il n'est pas donné à tout le monde d'être humoriste », confie Miz.

  • Abdellah Taïa : "Au Maroc, on vit dans la fiction"

    Abdellah Taïa a publé un nouveau roman intitulé Une Mélancolie arabe . L'histoire d'un “je” en plein désarroi narrée en quatre temps, entre Salé, Marrakech, Paris et Le Caire. Interview !

  • La fabuleuse carrière de Dj Youcef

    La fabuleuse carrière de Dj Youcef, de son vrai nom Youssef Erraji, commence à 15 ans dans les boîtes les plus prisées de Casablanca avant de prendre son élan notamment à Toulouse. Grâce à ses mix endiablés, il séduit les plus grands artistes maghrébins comme Jedwane, Cheb Mami, Cheb Bilal et bien d'autres, qui l'invitent à ouvrir leurs spectacles. Interview.

  • Fouad Mourtada déclare ne rien regretter

    Après un mois et demi d'emprisonnement, Fouad Mourtada, le faux prince de Facebook, a enfin été libéré sur grâce royale. Joint par TelQuel au lendemain de sa libération, le jeune ingénieur, pas encore remis de son séjour carcéral, livre ses premières impressions.

  • Redouan Beniaz, l'autre Baz

    Attablé dans un petit restaurant de Casablanca, Redouane Beniaz disserte avec son voisin de table. Déformation professionnelle oblige, entre deux bouchées de pizza, le jeune homme âgé de 35 ans ne peut s'empêcher de lancer quelques blagues. “Au final, je ne m'arrête jamais de travailler”, plaisante-t-il. Borsalino vissé sur le crâne à la Frank Sinatra, redingote noire, ce grand gaillard frôlant les deux mètres aurait pu être basketteur dans une autre vie. “Regardez-moi ce géant chauve. À croire que c'est lui mon géniteur”, dit de lui son père, Houcine Beniaz, alias Baz, le vétéran humoriste.

  • Abdellah Taïa, le corps du délit

    Abdellah, pas Leïla J'ai voulu un moment lui donner mon vrai prénom, lui dire que j'étais un garçon, un homme comme lui… Lui dire qu'il me plaisait et qu'il n'y avait pas besoin de violence entre nous, que je me donnerais à lui heureux si seulement il arrêtait de me féminiser… Je n'étais ni Leïla, ni sa soeur, ni sa mère. J'étais Abdellah, Abdellah du Bloc 15 et dans quelques jours j'allais avoir 13 ans.