Renault au Maroc : les avantages ont un prix
Le constructeur Renault profite d’avantages majeurs pour produire ses véhicules à Tanger. En contrepartie, les autorités marocaines imposent des règles strictes, notamment sur l’intégration locale et l’environnement, pour consolider cette industrie nationale.
En échange d’infrastructures dédiées et d’avantages fiscaux, l’État exige de Renault des engagements fermes. Le constructeur est contraint d’acheter une grande partie de ses composants auprès de fournisseurs installés sur place afin de stimuler l’emploi. Si un premier accord fixait ce seuil de pièces locales à 40 % en 2016, les conditions se sont depuis durcies. Un nouveau contrat signé fin 2025 par le directeur général François Provost vise désormais 75 % d’intégration locale, ce qui représente un volume d’approvisionnement de 3 milliards d’euros, contre 2 milliards en 2023.
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Les prérogatives gouvernementales concernent également le développement durable. Bâtie sur un terrain vierge de 300 hectares près de Melloussa, l’usine tangéroise se veut exemplaire face au stress hydrique et puise 90 % de sa consommation énergétique dans des sources renouvelables, grâce à la biomasse et l’éolien. « Tanger est notre première usine d’assemblage bas carbone », précise Cléa Martinet, directrice du développement durable du groupe, dans les colonnes du Le Figaro. Pour soutenir ces opérations, une ligne ferroviaire exclusive achemine quotidiennement cinq trains de 240 voitures vers le port de Tanger Med.
Cette synergie logistique permet ensuite d’exporter 95 % de la production par bateau vers Algesiras, en Espagne. Avec 6000 employés travaillant six jours sur sept, le site tourne à plein régime pour assembler 60 véhicules par heure. L’an passé, 299 400 unités y ont été fabriquées, principalement des modèles Dacia Sandero et Jogger, dont les versions électrifiées entrent progressivement en chaîne. Le constructeur français a ainsi propulsé l’industrie automobile locale au premier rang africain, avec un million d’unités assemblées globalement sur l’année écoulée.
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Pour faire accepter ses conditions strictes, le marché marocain propose des coûts salariaux horaires deux fois inférieurs à ceux de la Roumanie. Les zones franches offrent en outre d’importantes exemptions d’impôt sur les sociétés, de TVA et de droits de douane. Cet écosystème capte aujourd’hui l’attention des équipementiers chinois. Des entreprises comme Gotion Power, Tianyouwei ou Ningbo Gaofa se positionnent pour profiter de ce hub proche de l’Europe, espérant à terme intégrer la liste des fournisseurs de Renault ou de Stellantis, installé à Kenitra depuis 2019.