Rhône (Décines) : 572 enfants privés de cours d’arabe et de Coran après un arrêté préfectoral
La préfecture du Rhône a ordonné la suspension immédiate des activités éducatives destinées aux mineurs au sein du Centre interculturel de Décines (CID). Cette décision, effective depuis le 6 janvier 2026, concerne 572 enfants inscrits aux cours de langue arabe et d’initiation au Coran de la mosquée Ar-Rahman. L’arrêté préfectoral, signé le 30 décembre 2025 par la préfète Fabienne Buccio, porte sur l’interdiction de l’accueil collectif de mineurs organisé par l’association « École de la réussite ».
Selon l’arrêté consulté par Saphirnews, cette mesure fait suite à un contrôle réalisé le 17 décembre 2025 par le Service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (SDJES). Les agents ont constaté que l’association ne disposait pas du statut d’organisateur d’accueil collectif de mineurs (ACM) et que les locaux utilisés n’étaient pas déclarés. La préfecture justifie cette interdiction par l’absence de suivi sanitaire et de vérification de l’honorabilité des personnels, considérant que ces manquements présentent des risques pour la sécurité physique et morale des enfants.
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Cette décision intervient dans un contexte de tensions entre les services de l’État et les structures musulmanes locales, après la résiliation des contrats du lycée Al-Kindi. Les responsables du CID avaient précédemment dénoncé des mises en cause injustes, notamment après la mention de leur structure dans un rapport gouvernemental relatif à l’islamisme politique. Pour l’heure, la direction de la mosquée dispose d’un délai de deux mois pour contester l’arrêté devant la justice administrative.
Le Conseil des mosquées du Rhône (CMR) dénonce un « flou juridique » persistant sur le statut des enseignements religieux et linguistiques au sein des mosquées. Azzedine Gaci, recteur de la mosquée de Villeurbanne, rappelle que des groupes de travail avaient été constitués en juin 2025 pour clarifier si ces activités imposaient une déclaration au titre des accueils collectifs de mineurs. Selon le CMR, l’absence de cadre réglementaire précis expose les associations cultuelles à une insécurité juridique et prive les familles de ressources éducatives sans alternative institutionnelle.
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La réouverture de l’école est conditionnée à la mise en conformité administrative de l’association auprès du SDJES. Les responsables doivent déposer une déclaration officielle et présenter un projet éducatif et pédagogique spécifique aux temps périscolaires. Une vérification sur place par un agent de l’État devra ensuite constater l’effectivité de ces mesures correctives avant toute reprise de l’accueil des enfants.