Prêches radicaux : ce qui est reproché à la mosquée des Bleuets (Marseille)
Un arrêté préfectoral vient d’ordonner la fermeture pour une durée de deux mois de la mosquée des Bleuets. Une décision jugée « injuste et abusive » par l’association du lieu de culte, qui saisit le tribunal administratif.
La préfecture des Bouches-du-Rhône a ordonné par arrêté, lundi 6 octobre, la fermeture administrative de la mosquée des Bleuets, dans le 13ᵉ arrondissement de Marseille, pendant au moins deux mois en raison des prêches prônant « une pratique de l’islam fondée sur une vision fondamentaliste de la religion », ainsi que d’une « légitimation du djihad et de la charia », susceptibles de « provoquer la haine, la violence ou la discrimination envers certaines catégories de personnes ». « Il s’agit là d’une triste nouvelle pour l’association, les fidèles et les habitants de la ville de Marseille », a réagi dans un communiqué l’association de la mosquée. Elle se dit mobilisée à se battre « contre cette décision injuste et abusive dans le respect de la loi et de manière pacifique ». « La mosquée des Bleuets est ouverte, et le restera le temps de la procédure », a précisé sur le réseau X Rafik Chekkat, l’un des avocats de la défense.
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Sur le même réseau social, l’imam de la mosquée Ismail Bendjilali, a réagi à cet arrêté préfectoral : « Cette décision repose sur des accusations graves et fausses me visant personnellement : on m’accuse “d’apologie du terrorisme” et “d’incitation à la haine”. Je rejette catégoriquement ces accusations. Elles sont le fruit d’une lecture tronquée et politisée de propos religieux, détournés de leur sens. Je n’ai jamais appelé à la haine, à la violence ni à la division ». Il a annoncé un recours en référé-liberté devant le tribunal administratif de Marseille pour demander la suspension de l’arrêté. En mai dernier, l’imam avait écopé d’une peine de six mois de prison avec sursis et d’une amende de 2 000 euros pour « apologie du terrorisme ».
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Le Conseil départemental du culte musulman des Bouches-du-Rhône (CDCM 13) n’a pas non plus manqué de réagir à cette décision. « En sanctionnant un lieu de culte, ce sont en réalité les fidèles eux-mêmes qui se trouvent pénalisés, pris en otage d’une procédure dont ils ne sont pas responsables », a-t-il indiqué.