Routes, plages, prix : Le Maroc reste coincé dans les vacances d’été

- 05h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

Les vacances des Marocains restent très concentrées sur l’été. Juillet et août absorbent à eux seuls près de 40 % des voyages, confirmant le poids de la haute saison dans le tourisme domestique.

Au Maroc, les vacances se jouent encore très largement en été. Selon le rapport 2025 de Turespaña consacré au marché touristique marocain, les deux mois traditionnels de congés, juillet et août, concentrent presque 40 % des voyages domestiques et internationaux des Marocains.

Sur Bladi.net : Schengen trop compliqué, les Marocains regardent ailleurs pour leurs vacances

Cette concentration confirme une réalité bien connue des professionnels du secteur : la demande touristique marocaine reste fortement dépendante de la saison estivale. Les départs se concentrent au moment où les familles disposent de congés, où les enfants ne sont plus à l’école et où les destinations balnéaires deviennent les plus recherchées.

Le rapport souligne que le produit le plus demandé par le tourisme domestique marocain reste le « sol et plage ». Cette préférence explique en grande partie le poids de juillet et août, mais aussi la forte fréquentation des régions littorales ou proches des grands pôles touristiques.

Trois régions concentrent une grande partie des voyages domestiques des Marocains : Marrakech-Safi, avec 29 %, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, avec 17 %, et Souss-Massa, avec 13 %. Ces régions bénéficient à la fois de leur attractivité balnéaire, de leur notoriété touristique et de leur accessibilité.

Dans le nord du pays, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma se distingue par une forte présence du tourisme domestique. Selon le rapport, 55 % du tourisme dans cette région est marocain. À l’inverse, Marrakech et Souss-Massa restent davantage portées par le tourisme international, notamment grâce à Marrakech, Agadir et Essaouira.

Les habitudes de voyage confirment aussi le poids de la famille. La moitié des voyages domestiques annuels des Marocains sont motivés par des visites à des proches ou à des amis. Les voyages de loisirs arrivent ensuite, avec 35 % du total. Les vacances ne sont donc pas seulement synonymes de plage ou d’hôtel : elles restent souvent liées aux attaches familiales et aux déplacements vers les régions d’origine.

La voiture domine très largement ces déplacements. En 2024, les Marocains ont utilisé leur véhicule dans 94,8 % de leurs voyages domestiques. Le train ne représente que 4,3 % des déplacements touristiques intérieurs, tandis que les vols internes ne pèsent que 0,9 %. Cette dépendance à la route explique aussi la pression observée chaque été sur les grands axes, les stations balnéaires et les villes côtières.

L’hébergement reste, lui aussi, marqué par des pratiques familiales. Les maisons de proches ou d’amis représentent 44 % du marché domestique, devant la location d’appartements, qui concerne 29,6 % des séjours. Pour les séjours de moins de huit jours, les hôtels restent toutefois très utilisés.

En 2024, la durée moyenne des voyages domestiques des Marocains a atteint 8,4 jours. Le tourisme intérieur représente donc un marché important, mais encore très saisonnier. Le rapport rappelle que les Marocains réalisent peu de voyages domestiques par habitant et que leur poids dans les nuitées hôtelières reste inférieur à celui des touristes internationaux.

Pour les autorités marocaines, l’enjeu est désormais clair : mieux répartir les départs sur l’année, renforcer l’offre adaptée au pouvoir d’achat des familles et améliorer la mobilité intérieure. La feuille de route touristique 2023-2026 mise notamment sur de nouvelles routes aériennes nationales et sur des formes d’hébergement plus accessibles.

Sur Bladi.net : Visas Schengen : les Marocains parmi les plus gros demandeurs au monde

Mais pour l’instant, les vacances au Maroc restent largement concentrées sur quelques semaines. Juillet et août demeurent le grand moment des départs, avec leurs plages bondées, leurs routes chargées et leurs prix souvent plus élevés.