Ryanair accusée de piéger les voyageurs vers le Maroc
Ryanair est de nouveau visée en Europe pour ses pratiques tarifaires. En Belgique, Testachats réclame des astreintes contre la compagnie. Pour les Marocains et les MRE qui utilisent massivement la low cost pour voyager vers le Maroc, l’affaire est loin d’être théorique.
Le billet Ryanair paraît souvent imbattable au départ. Mais au fil de la réservation, la facture peut vite changer. Bagage, siège, embarquement prioritaire, enregistrement, options familiales : pour de nombreux voyageurs vers le Maroc, le prix affiché au début n’est pas toujours celui payé à la fin.
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C’est précisément ce que dénonce l’association belge de défense des consommateurs Testachats. Après un premier jugement rendu le 28 janvier 2026 par le tribunal de l’entreprise de Bruxelles, elle demande désormais que Ryanair soit contrainte d’appliquer pleinement la décision, sous peine d’astreintes financières.
Selon Testachats, la justice belge a déjà jugé illicites plusieurs pratiques de la compagnie irlandaise. Parmi elles : l’annonce d’une réduction basée sur un faux prix de référence, ou encore les messages incitant le passager à réserver rapidement en laissant croire que le vol sera bientôt complet.
L’association réclame une astreinte de 5 000 euros par infraction et par jour d’infraction si Ryanair ne se conforme pas au jugement dans les délais. Elle estime que certains éléments du parcours de réservation restent opaques ou trompeurs.
Le billet vers le Maroc qui grimpe à l’écran
Pour les voyageurs marocains, le sujet est concret. Ryanair est très présente sur les liaisons entre l’Europe et le Maroc. Beaucoup de MRE l’utilisent pour les vacances, les retours familiaux, les courts séjours ou les départs de dernière minute.
Le problème n’est pas seulement le prix du billet. C’est la manière dont les options apparaissent au cours de la réservation. Testachats reproche notamment à Ryanair des formules tarifaires groupées présentées comme avantageuses, alors que certains services pourraient être achetés séparément, parfois plus tard et moins cher.
Les messages d’urgence du type “plus que quelques sièges à ce prix” sont aussi dans le viseur. Pour l’association, ils créent une pression artificielle sur le consommateur et peuvent pousser à réserver trop vite, sans comparer réellement le prix final avec celui d’une autre compagnie.
Les bagages sont au cœur du sujet. Sur un trajet vers le Maroc, surtout pour une famille, l’ajout d’une valise, d’un bagage cabine ou d’un embarquement prioritaire peut transformer un billet très bon marché en dépense beaucoup plus lourde. Testachats demande donc que les prix soient clairement affichés dès le début, service par service.
Ryanair conteste une partie des accusations et rappelle avoir obtenu gain de cause sur certains points en Belgique, notamment sur la facturation de certains bagages cabine. Mais la pression judiciaire monte ailleurs en Europe.
En Autriche, le Verein für Konsumenteninformation a annoncé que la Cour suprême avait jugé illégales 14 des 15 clauses de frais supplémentaires contestées chez Ryanair, notamment des frais d’enregistrement à l’aéroport, de carte d’embarquement ou liés aux jeunes enfants. Selon le VKI, certaines demandes de remboursement pourraient concerner des frais payés dans le passé.
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Pour les passagers qui réservent un vol vers le Maroc, l’enjeu est simple : savoir, dès les premières étapes, combien coûtera réellement le voyage. Le billet pas cher reste possible. Mais les associations de consommateurs veulent empêcher que le prix final se construise par petites couches, jusqu’à surprendre le voyageur au moment de payer.