Sahara : le Congrès espagnol se désolidarise du gouvernement

31 mars 2022 - 17h20 - Espagne - Ecrit par : A.P

Le ministre espagnol des Affaires étrangères se rendra ce vendredi au Maroc sans le soutien du Congrès. Les partis politiques de la coalition gouvernementale comme de l’opposition estiment que la décision de Pedro Sanchez de soutenir le plan marocain d’autonomie du Sahara n’engage que le gouvernement et pas l’Espagne.

Le changement de position sur le Sahara a conduit à un consensus politique sans précédent à la Chambre basse. Tous les groupes parlementaires sans exception ont condamné cette décision « unilatérale » de Pedro Sanchez dont les explications ne semblent avoir convaincu ni ses partenaires ni l’opposition. C’est dans cette atmosphère de rejet unanime que le ministre José Manuel Albares effectuera son premier déplacement officiel à Rabat. Un voyage qui vise à « normaliser » les relations entre les deux pays et préparer la visite de Pedro Sanchez prévue pour mai prochain, rappelle El Confidencial.

À lire : José Manuel Albares et Pedro Sanchez « bientôt » au Maroc

La décision de Pedro Sanchez qui a mis fin à la crise avec le Maroc, a ouvert une autre avec l’Algérie et ébranlé la cohésion au sein de la coalition gouvernementale. Pour l’ensemble des groupes parlementaires, Albares part à Rabat pour réaffirmer la position « unilatérale » de Sanchez, mais pas « la position du pays », soutient le PP. « Quand vous irez à Rabat, rappelez-vous que vous n’avez pas le soutien de ce Parlement », a déclaré la semaine dernière Aitor Esteban, le porte-parole du PNV. Une déclaration qui révèle le désaccord entre le Parlement et Sanchez sur la question du Sahara.

À lire : Sahara : l’Espagne prend la voie de la realpolitik selon Sanchez

Lors de sa comparution au Congrès mercredi, Sanchez a vanté la bonne coopération avec le Maroc, mais n’a pas pu rassurer les parlementaires qui voulaient savoir la contrepartie marocaine de la décision de l’Espagne de soutenir le plan d’autonomie du Sahara. A-t-il obtenu des garanties concernant Ceuta et Melilla ? Le roi Mohammed VI a-t-il déjà répondu à la lettre qu’il lui a adressée ? Toutes ces questions sont restées sans réponse. Sanchez a soutenu en revanche qu’il a fait preuve de « realpolitik » en prenant cette décision qui vise à contribuer à mettre fin au conflit au Sahara.

À Rabat ce vendredi, Albares échangera avec les autorités marocaines sur deux sujets importants : la réouverture des frontières de Ceuta et Melilla et la question migratoire. L’Espagne veut avoir un engagement clair du Maroc sur ces deux questions essentielles et le ministre espagnol va travailler à conclure des accords avec les autorités marocaines, lesquels seront signés lors de la prochaine visite de Sanchez à Rabat.

Sujets associés : Espagne - Autonomie Sahara

Aller plus loin

Seulement 25 % des Espagnols jugent utile la reprise des relations avec le Maroc

Très peu d’Espagnols (25 %) estiment que l’accord conclu entre Pedro Sanchez et le roi Mohammed VI pour mettre fin à la crise diplomatique est bénéfique pour l’Espagne, tandis...

Pedro Sanchez attendu au Maroc en mai

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, effectuera sa première visite au Maroc après sa décision de soutenir le plan d’autonomie du Sahara, probablement en mai, le...

Sahara : l’Espagne prend la voie de la realpolitik selon Sanchez

Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, s’est exprimé à nouveau sur la nouvelle coopération avec le Maroc, affirmant que les relations avec ce dernier, un « voisin et un...

Crise avec l’Algérie : le Congrès espagnol interpelle le gouvernement

À l’initiative du Parti populaire (PP), soutenu par les autres groupes parlementaires au Congrès, à l’exception du PSOE, Podemos et Bildu, le président Pedro Sanchez sera...

Ces articles devraient vous intéresser :

Sahara : Brahim Ghali menace (encore) le Maroc

Le président de la « République arabe sahraouie démocratique (RASD) » et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a réitéré la volonté des Sahraouis de coopérer avec tous les pays voisins pour préserver « la paix et la sécurité » dans la...