Une proche du Polisario au Congrès espagnol : une crise Maroc-Espagne en vue
L’activiste sahraouie, Tesh Sidi, numéro trois du parti Sumar, est candidate aux élections législatives et sera probablement élue députée, ce qui fait craindre au Centre national de renseignement (CNI) espagnol une intensification des activités des services secrets marocains qui la suivaient déjà de près.
Le CNI sait que l’arrivée prochaine de Tesh Sidi au Congrès des députés ne va pas plaire au Maroc. La présence de Podemos au gouvernement de coalition compliquait déjà les relations avec le royaume. À plus forte raison, l’entrée probable d’une militante sahraouie au Congrès, laisse penser au CNI que les services de renseignement marocains vont redoubler d’ardeur, fait savoir Moncloa, rappelant que le numéro deux de Sumar, et ambassadeur de l’Espagne à l’ONU, Agustín Santos Maraver, est acquis à la cause sahraouie, même si de nombreuses voix proches du Polisario l’accusent d’être proche des thèses marocaines.
À lire : Sahara : le Congrès espagnol se désolidarise du gouvernement
L’espionnage des téléphones portables du président Pedro Sanchez et de certains ministres à l’aide de Pegasus, et la reconnaissance par ce dernier de la souveraineté marocaine sur le Sahara, sans l’avis du Congrès, sont des sujets sur lesquels Tesh Sidi pourrait concentrer son énergie une fois députée. Mieux, son arrivée au Congrès risque d’entraîner des complications si le parti Sumar accepte d’entrer dans un gouvernement de coalition, toute chose qui constitue une menace pour les relations bilatérales avec le Maroc. Le CNI suit de près aussi bien Tesh Sidi que les services secrets marocains.