Saïd Aouita

- 19h18 - Sportifs - Ecrit par : Bladi.net

Si, aujourd’hui, les Marocains sont incollables sur le demi-fond, c’est grâce au génie d’un homme : Saïd Aouita, « l’homme aux cinq records », maître incontesté dans les années quatre-vingt de tout le demi-fond, du 800 m au 5 000 m. Natif de Kénitra, le jeune Saïd voulait devenir footballeur.

Sa rencontre avec Aziz Daouda, actuel directeur technique de l’équipe nationale d’athlétisme, en a décidé autrement. Grâce aux efforts de son mentor (à l’époque journaliste sportif), ainsi qu’à quelques âmes généreuses, Aouita, 18 ans, bénéficie d’une (maigre) bourse pour aller courir sur les routes de France. C’était au début des années quatre-vingt. Au terme de trois ans d’entraînement intensif, Aouita, doté d’une impressionnante rage de vaincre, est sélectionné aux premiers championnats du monde d’athlétisme, à Helsinki. Il arrive 3e, derrière la star de l’époque, Steve Cram. Un an plus tard, Los Angeles abrite les jeux Olympiques. Alors qu’on l’attend sur le 1 500 m, il surprend tout le monde en s’alignant sur le 5 000, défi insensé puisque les deux distances nécessitent des types de préparation complètement différents. Or non seulement Aouita gagne, mais il prend un tour au britannique Dave Moorcroft, recordman du monde de la distance. Mieux : si l’inexpérimenté coureur n’avait pas ralenti sur les derniers mètres pour envoyer des baisers à la foule, il aurait pu pulvériser le record du monde ! Les Marocains exultent, baptisent une ligne de train-navette rapide « Aouita », tandis que la presse sportive mondiale se déchaîne. On s’extasie devant son incroyable capacité de récupération, on s’interroge sur son rythme cardiaque d’extraterrestre, on admire sa technique de course féline...

L’année 1985 est celle de tous les exploits. Il confirme sa performance des jeux Olympiques en battant coup sur coup les deux records du monde du 1 500 m et du 5 000 m... Cette année-là, il reçoit la plus prestigieuse distinction de l’athlétisme mondial, le trophée Jesse-Owens.
En 1987, sa suprématie est incontestée, mais il commence à se laisser aller. L’ayant compris, il fait de nouveau appel à Daouda, avec lequel il s’était brouillé depuis deux ans. Un programme d’entraînement intensif, et c’est le miracle : à l’issue d’une course historique, à Rome, Aouita bat son propre record du 5 000 m. En 12’58’’39, il est le premier homme à descendre sous la barre des 13 minutes. L’image du champion à genoux, remerciant Dieu, fait le tour de la planète. La même année, il fait tomber le record du 2 000 m. Les médias portent aux nues ce surdoué qui anime des conférences de presse en cinq langues.
Lors des jeux Olympiques de Séoul, en 1988, il prévoit de s’aligner sur trois courses : le 800, le 1 500 et le 5 000 mètres, dont les deux dernières le même jour ! Mal préparé, n’écoutant plus son entraîneur, il échoue sur 800 m et arrive 3e. Le moral brisé, il déclare forfait sur les deux autres distances, et assiste, depuis les tribunes, à la médaille d’or au 10 000 m d’un jeune Marocain qui débute, Brahim Boutayeb.
Face à l’émergence d’une « école marocaine » qui produit des champions internationaux à la chaîne, on dit Aouita fini. C’est mal le connaître : en 1989, comme dans un dernier sursaut, il bat un nouveau record du monde, celui du 3 000 m. Mais un nouveau venu, de dix ans son cadet, commence à faire parler de lui, l’Algérien Noureddine Morcelli. En 1991, après s’être évités pendant deux ans, les deux hommes s’affrontent. Nous sommes à Tokyo, aux championnats du monde d’athlétisme. Quand le monstre sacré se sent dépassé par son jeune disciple, il ralentit le pas et finit bon dernier. Morcelli est champion du monde. Pourtant, les caméras le délaissent pour se concentrer sur Aouita, qui rejoint tristement les vestiaires. Cette course sera sa dernière.
Depuis, le champion déchu s’est éclipsé. Nommé DTN (directeur technique national) du Maroc en 1993, il échoue au bout d’un an. Aux dernières nouvelles, il a essayé de se faire élire député à Casablanca en 1997, sans succès. C’était la défaite de trop. Aouita est installé aujourd’hui en Floride et vit sur ses (solides) économies.

Ahmed R. Benchemsi pour Jeune Afrique

  • Saïd Aouita : ' Marre de voir courir des robots ! '

    Au Maroc, cet homme est un mythe, encore plus adulé que son compatriote Hicham El Guerrouj, double champion olympique à Athènes en 2004 sur 5 000 et 10 000 mètres. Entre Casablanca et Rabat, un train rapide porte même son nom : l'Aouita. Il y a vingt ans, Saïd Aouita battait en l'espace de deux semaines les records du monde du 1 500 mètres et du 5 000 mètres. Deux ans plus tard, à Rome, le Marocain pulvérise encore son propre record du 5 000 mètres. En 12'58''39, il est le premier homme à descendre sous la barre des treize minutes. Exilé en partie aux États-Unis et désormais citoyen américain, le champion olympique du 5 000 mètres (1984, Los Angeles) est aujourd'hui consultant télé.

  • Hicham El Guerrouj

    A 29 ans seulement, Hicham El Guerrouj est le roi du 1500m. Il est né à Berkane au coeur du Maroc le 14 Septembre 1974. Pour 1m76 et 58Kg, notre champion mondial détient à lui seul les records du 1500m, du mile et du 2000m.Quadruple champion du monde et double champion olympique Hicham fait désormais parti de l'histoire de l'athlétisme. Actuellement, il ne manque plus rien dans le palmarès de ce joueur hors pair. Après sa victoire au 1500m, Hicham El Guerrouj refait surface et offre au Maroc sa seconde médaille d'or olympique en s'imposant sur le 5000m.

  • Mohamed Mourhit

    C'est le coeur serré que le nouveau champion du monde de cross country avait quitté son pays d'origine, le Maroc. Il y a un peu plus de trois ans, le néo-belge n'a pas choisi de partir. On l'avait forcé à aller offrir ses services sous d'autres cieux. Il s'agit bien de Mohamed Mourhit, l'unique athlète à avoir réussi à contester l'hégémonie kenyane sur cette spécialité, dimanche 19 mars à Vilamoura, au Portugal. Mourhit a réalisé cet exploit dix ans après son compatriote Khalid Skah (1990 et 1991), qui avait failli, lui aussi, opter pour une autre nationalité.

  • Hasna Benhassi

    Née en 1978 à Marrakech, Benhassi a fait ses premiers pas sur les circuits au club Sidi Youssef Ben Ali avant d'intégrer l'Institut national d'athlétisme à Rabat en 1996, année au cours de laquelle elle s'est qualifiée aux demi-finales du 800 m des championnats du monde juniors à Sydney. Elle décrocha sa première médaille en or aux Jeux méditerranéens de 1997 à Bari, avant d'ajouter un autre métal précieux à son palmarès, quelques semaines plus tard, lors du championnat des jeux panarabes au Liban.

  • Nawal El Moutawakel

    Nawal El Moutawakel, ex-ministre de la Jeunesse et des sports, est une ancienne athlète ayant remporté le 400 m haies des jeux Olympiques de Los Angeles, en 1984, qu'elle a remporté à la surprise générale. Juste avant le départ, en effet, la Marocaine, âgée de 22 ans, était classée 20e mondiale.

  • Jaouad Zairi

    Né le 17 avril 1982 à Douar Jjalla (Taza), Jaouad Zairi a longtemps été considéré comme un joueur individualiste en raison de son appétit du dribble. Jaouad Zairi semble aujourd'hui avoir mûri et utilise ses qualités au service du collectif sochalien. L'ailier marocain pourrait ainsi rapidement faire son trou parmi les meilleurs attaquants de L1. Portrait d'un vice-champion d'Afrique en pleine ascension.

  • Marouane Chamakh

    Merouane Chamakh jeune franco-marocain est né le 10 janvier 1984. Cette star du ballon joue actuellement entant qu'attaquant dans le club des Girondins de Bordeaux et est un international A de l'équipe marocaine. Le football a commencé pour le jeune Marocain de 1984 à Aiguillon, dans le Lot et Garonne, où il est né. Par la suite, il fera ses classes à Nérac, jonglant entre football et études. Finalement, c'est à Marmande qu'il commencera à jouer sérieusement et à croire en ses chances. Fort d'un gabarit déjà imposant (1m 85 aujourd'hui), il est repéré par le centre de formation des Girondins de Bordeaux. A 16 ans, il accepte de tenter l'aventure chez les Marines et Blancs, mais ne lâche pas pour autant ses études. Pour preuve, il a réussi son bac pro de comptabilité l'année dernière. Au centre du Haillan, Chamakh est pris en charge par un staff conséquent qui lui apprend tout pour devenir un footballeur de haut niveau.

  • Aouita et Nawal mis aux oubliettes

    Ils étaient tous là, ou presque, à assister à la cérémonie organisée par le comité provisoire de la Fédération royale marocaine d'athlétisme, samedi dernier au théâtre Mohammed V, en hommage aux meilleurs athlètes, entraîneurs et clubs.

  • Hicham El Guerrouj renonce aux Mondiaux d'Helsinki

    Hicham El-Guerrouj, double champion olympique des 1.500 et 5.000 mètres, annonce lundi dans le journal 'L'Equipe' qu'il ne participera pas aux prochains championnats du monde d'athlétisme à Helsinki, du 6 au 14 août. »Je ne courrai pas. C'est une décision qui n'a pas été facile à prendre », déclare l'athlète de 30 ans, dont la préparation pour les Mondiaux a été altérée par une angine.

  • El-Guerrouj visera une médaille d'or aux JO de Pékin en 2008

    Le quadruple champion du monde du 1.500 m, Hicham El-Guerrouj, a annoncé qu'il courra jusqu'aux Jeux olympiques (JO) de Pékin en 2008 où il compte décrocher un troisième titre sur 5.000 m. « S'il n'y avait pas la perspective des Jeux de Pékin, j'aurais arrêté après Athènes. Finalement j'ai décidé d'aller jusqu'au bout, de courir jusqu'aux Jeux olympiques de Pékin », a affirmé El-Guerrouj dans un entretien publié mercredi dans le quotidien français « Le Figaro ».