Salah Abdeslam défie sa prison après dix ans d’isolement
Après dix années passées à l’isolement, Salah Abdeslam refuse désormais de rentrer dans le rang. Condamné à la perpétuité incompressible pour les attentats du 13 novembre 2015, il a annoncé qu’il ne regagnerait pas sa cellule à l’issue de sa sanction disciplinaire.
Le détenu de 36 ans a été placé pendant dix jours au quartier disciplinaire de la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Le 14 juillet, il avait refusé de quitter la cour de promenade du quartier d’isolement, tout en restant calme selon le rapport de l’administration pénitentiaire.
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Salah Abdeslam sait qu’un nouveau refus pourrait prolonger sa sanction, avec des visites, des communications téléphoniques et des activités encore plus limitées. Il entend pourtant maintenir la pression pour contraindre l’administration à ouvrir une discussion sur ses conditions de détention.
Dix ans d’isolement au cœur du conflit
« Il veut forcer le dialogue avec l’administration pénitentiaire », explique son avocate Olivia Ronen au Monde. La défense souligne que l’isolement est normalement limité à deux ans, sauf prolongation exceptionnelle justifiée par la sécurité des personnes ou de l’établissement.
Devant la commission disciplinaire, Salah Abdeslam a présenté son refus comme un « cri de souffrance » et dénoncé des conditions qu’il considère humiliantes et injustifiées. C’est la première fois qu’il assume ouvertement un rapport de force avec l’administration pénitentiaire.
Le conflit porte aussi sur ses parloirs. Le tribunal administratif de Lille avait ordonné la suppression de la cloison empêchant tout contact physique avec ses proches, avant que l’administration ne la rétablisse en invoquant de nouveaux éléments de sécurité.
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Ses avocats préparent désormais un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. L’administration pénitentiaire affirme, de son côté, veiller à l’exécution de sa peine dans le respect du droit et de la décision judiciaire.